En marge de la Semaine du commerce électronique, qui aura lieu de lundi à vendredi prochain à Montréal, un consortium dont fait partie l'entreprise montréalaise eResolution a dévoilé ECODIR, une plateforme de résolution en ligne de conflits liés au commerce électronique.
Déjà réputée dans le domaine de la résolution de conflits liés au cybersquattage, eResolution a mis son expertise technique au service d'une dizaine d'autres organismes, presque tous européens, pour créer ECODIR (Electronic Consumer Dispute Resolution). Même s'il n'est doté d'aucun pouvoir exécutif, ECODIR offre ses services de facilitateur aux consommateurs qui s'estiment lésés.
«ECODIR permet de négocier dans un cadre structuré», a expliqué l'avocat Robert Cassius de Linval, directeur des opérations chez eResolution. Les consommateurs échaudés peuvent inviter les commerçants à négocier une solution via la plateforme électronique d'ECODIR. Celle-ci offre à chaque parti une page Web sécurisée qui dresse la liste des faits saillants des procédures. Les échanges entre partis se font via cette plateforme. Le courriel n'est utilisé que pour indiquer à chaque parti qu'une information nouvelle est disponible sur leur page sécurisée.
Selon M.Cassius de Linval, les entreprises, même si elle n'y seront pas forcées, devraient se laisser convaincre de répondre à l'invitation de leurs consommateurs. «En affaires, il y a une règle d'or qui dit que c'est toujours mieux de retenir un client que d'en reconquérir un.»
Si les négociations s'étirent sans succès, les deux partis pourront se voir attribuer un médiateur, parmi la liste d'Européens dont disposent ECODIR. Éventuellement, ce médiateur pourrait en arriver à émettre des recommendations. À moins que les deux partis ne s'y soient contraints par contrat, ils ne seront pas liés par ces recommendations.
L'une des sources de financement d'ECODIR est la Commission européenne. Celle-ci serait-elle tentée un jour de donner plus de pouvoirs au consortium? «C'est encore beaucoup trop tôt pour en juger, répond M.Cassius de Linval. Pour l'instant, nous sommes en quelques sortes dans une phase de projet-pilote jusqu'au 25 juin 2002. Le service sera gratuit jusque-là.»
De part l'origine de ses partenaires et artisants, le projet s'adresse principalement aux Européens, mais les internautes de partout peuvent l'utiliser.
Jean-François Codère