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De nouveaux disques audios impiratables en préparation

Canoë 
28/09/2001 17h38 

L'industrie du disque américaine mijote une nouvelle stratégie pour garder les pirates à distance. Le grand gagnant serait Microsoft, qui se verrait soudainement placer entre les mains une part importante du contrôle de l'industrie musicale... et de ses milliards de dollars.

Macrovision et SunnComm, deux entreprises spécialisées dans la protection des contenus, s'apprêtent chacune à lancer une technologie permettant de créer des CD audio protégés.

Ces disques audio comportent deux versions de l'album. La première est en format audio standard, à l'exception que les fichiers sont modifiés de telle sorte qu'ils ne peuvent être copiés sur un ordinateur personnel. C'est plutôt la deuxième version de l'album qui pourra être copiée. Le hic? Celle-ci est préalablement compressée et encodée au format Windows Media Audio (WMA) de Microsoft. Et des restrictions sont mises sur ces fichiers.

Les albums encodées grâce à cette technologie peuvent donc être écoutés dans un appareil traditionnel et copiés sur un ordinateur, solutionnant à première vue tous les problèmes. Or il semble qu'il n'y ait pas que les consommateurs qui craignent cette solution. Les maisons de disques aussi...

C'est qu'en agissant ainsi, les principales étiquettes de disque placeraient entre les mains de Microsoft une énorme partie de leur influence sur l'industrie musicale. Et comme le géant de Redmond n'a pas la meilleure des réputations...

Pire, ce contrôle pourrait bien être cédé pour n'obtenir qu'un succès mitigé. Même encodés au format WMA, les oeuvres musicales ne seraient pas à l'abri de toute attaque. Il n'est pas dit que des outils ne seront pas développés pour réduire les barricades Microsoft en cendres. Et même si ce n'était pas le cas, il sera toujours possible d'obtenir des versions «épurées», que ce soit en brandissant un micro devant les haut-parleurs ou en créant de faux pilotes de cartes de son interceptant le signal pour le réécrire, en clair, dans un autre fichier.

Combinée au Digital Millenium Copyright Act (DMCA) dans sa forme actuelle, la solution aurait au moins le mérite de forcer les pirates à l'illégalité, puisqu'il leur faudrait contourner une méthode de protection des contenus pour arriver à leur fin, ce qu'interdit le DMCA. Rappelons qu'une émule du DMCA est en préparation au Canada (voir notre article).

Jean-François Codère

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