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La technologie: une arme à deux tranchants pour les États-Unis

Canoë 
28/09/2001 17h38 

(AFP) Images satellite, caméras filmant les axes routiers, vues aériennes des grands centres urbains diffusées en direct sur Internet et autres gadgets hi-tech sont autant d'outils qui facilitent la vie des Américains mais font aussi leur faiblesse face à la menace terroriste.

Quiconque peut aujourd'hui acheter sur Internet des vues satellite à haute résolution de la plupart des villes américaines, vendues par des sociétés privées avec la bénédiction du département américain du Commerce, qui en délègue la gestion à l'Agence nationale océanique et atmosphérique (NOAA).

Timothy Strycker, qui au sein de la NOAA coordonne la politique américaine en matière de licences commerciales pour les images satellite, a confirmé jeudi à l'AFP que le gouvernement n'avait pas modifié sa politique en la matière depuis les attentats du 11 septembre.

Interrogé sur un possible durcissement des règles de diffusion de ces images, M. Strycker n'a pas souhaité se prononcer.

Une procédure appelée shutter control (contrôle de l'obturateur) est prévue en cas de menaces sur la sécurité nationale, a-t-il confirmé. Mais elle n'a pas été activée et ne peut être que limitée à certaines zones géographiques, pendant une courte durée.

La société Space Imaging commercialise des images précises à un mètre, prises par le satellite Ikonos. Peu après les attentats, elle a diffusé des vues impressionnantes du World Trade Center et du Pentagone, prises avant et après les attaques.

Sa politique commerciale «reste inchangée», a déclaré jeudi son porte-parole, Gary Napier, précisant que l'achat de photographies peut s'effectuer par «quiconque ne figure pas sur une liste de pays et organisations terroristes dressée par le gouvernement américain».

Sur son site Internet, Space Imaging vante la précision de ses images qui permettent de distinguer «piscines, voitures, bateaux, cours de tennis», ou encore «les lignes blanches qui délimitent les places sur un parking», et cela pour l'ensemble des centres urbains américains et un grand nombre de villes dans le monde.

Mais M. Napier minimise l'intérêt de ces données pour des terroristes en soulignant qu'il s'agit d'images fixes et non d'images telles qu'on peut en obtenir à partir d'avions qui survolent les routes et diffusent des images en direct à la télévision ou par les réseaux de caméra fixes émettant en direct.

Les ressources ne manquent pas en la matière, en premier lieu sur Internet. À New York, le site du département des transports permet d'observer minute par minute l'état de la circulation aux principales intersections, entrées des tunnels vers Manhattan, ponts et autres points névralgiques de la mégalopole.

Washington et la plupart des grandes villes américaines sont également quadrillées par un réseau de caméras diffusant en direct, sur le réseau câblé local, des images des grands axes, bien pratiques pour choisir sa route ou connaître la météo, mais dont l'usage peut toujours être détourné à d'autres fins.

Tout comme pourraient être utilisés à des fins terroristes les équipements de positionnement par GPS (Global Positioning System), dont les modèles de base sont disponibles dans tous les grands magasins à moins de 200$ US (315$ CA).

Ces boîtiers de poche chers aux randonneurs peuvent donner les coordonnées de n'importe quel immeuble à quelques mètres près, grâce au réseau américain de satellites militaires géostationnaires.

Ces technologies à double tranchant illustrent ce que Theresa Hitchens, expert du Center for Defense Information, qualifie de «dilemme américain: nous avons développé une dépendance face à tous ces services hi-tech», dit-elle.

«Et à moins de devenir un pays comme Israël, avec un attentat suicide toutes les cinq minutes, les gens ne seront pas prêts à accepter des restrictions», prévoit cette spécialiste.

Copyright © 2001 AFP








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