L'agressivité qu'ont démontré les virus Code Red et Nimda dans leur volonté de se propager a forcé certains fournisseurs d'accès, tant américains que canadiens ou québécois, à agir de façon un peu plus active dans leur prévention, notamment en coupant l'accès temporairement à certains clients.
C'est particulièrement vrai pour les fournisseurs d'accès Internet haute vitesse, dont les clients étaient beaucoup plus susceptibles de propager le virus, générant de plus un important trafic sur le réseau.
Chez B2B2C, un revendeur québécois d'accès Internet haute vitesse par ligne numérique à paires asynchrone (LNPA, DSL en anglais), le président Gilles Pichette affirme que l'entreprise «n'a pas eu de problème sur lequel on n'a pas eu le contrôle» au cours de la période d'infection. «Nous avons dû aider certains clients à contrôler l'infection, a-t-il expliqué. Les infections ont entraîné des coûts supplémentaires, mais ça fait partie du métier de fournisseur d'accès. Oui, nous avons désactivé certains clients, un seul je crois, temporairement.»
Chez Sympatico, les mesures préventives semblent s'être limitées à des avertissements, des conseils et la mise en ligne d'information sur le site. «On s'assure toujours que les utilisateurs aient accès à de l'information soit via leur boîte de courriel, soit via notre site, déclare la porte-parole France Poulin. Nous avons pris les mesures nécessaires, mais je ne crois pas que cela ait impliqué des coupures de services.»
Au moment de mettre en ligne, les représentants de Videotron n'avaient pas retourné notre appel.
Fournisseurs plus drastiques
Le webzine
Wired rapportait vendredi dernier l'utilisation de méthodes plus drastiques chez certains fournisseurs américains et canadiens.
Speakeasy, un fournisseur de la région de Seattle a avisé sa clientèle par courriel que, à compter de dimanche dernier, elle gèlerait la connexion LNPA liant tous les ordinateurs infectés au réseau. Point à la ligne. «Nous nous excusons des inconvénients, mais il est impératif que nous nous assurions que notre réseau ne contribue pas à la propagation de ce ver ou de tout autre ver, pouvait-on y lire selon Wired. Nous faisons tous partie d'une plus grande communauté, et ce n'est vraiment pas agréable d'infecter ses voisins.»
Speakeasy est parfaitement en droit d'agir ainsi si on se fie aux termes de services auxquels les utilisateurs acquiescent. Sous la rubrique «Politique de résilitation», on peut lire: «[...] Cela s'applique aussi aux brèches de sécurité sur votre propre système par certains utilisateurs qui déclenchent des attaques depuis celle-ci. Il est impératif que quiconque disposant d'une connexion LNPA prenne les précautions nécessaires pour s'assurer de la sécurité de sa machine.»
Même chose chez DSL inc., un fournisseur de l'Ouest canadien qui a lui aussi promis de débrancher certains utilisateurs. Le contrat entre utilisateurs et fournisseur stipule, à l'article 27, que «DSL Inc peut suspendre ou restreindre l'accès au service, en tout temps, ou résilier ce contrat si (i) les opérations ou l'efficacité du service sont handicapés par l'utilisation de votre compte ou du service.»
Jean-François Codère