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Internet, relais des vraies nouvelles et des fausses rumeurs

Canoë 
26/09/2001 17h38 

(AFP) Internet a montré, à travers les attentats anti-américains du 11 septembre, qu'il pouvait être un précieux outil de communication mais aussi un vecteur de canulars et fausses rumeurs en cas d'attaque terroriste.

Dans les heures qui ont suivi les opérations suicide contre le World Trade Center, les New-Yorkais n'ont dû souvent qu'au courrier électronique de pouvoir rester en contact avec le reste du monde.

Lignes téléphoniques, téléphones portables...la plupart des communications traditionnelles ont été saturées d'appels ou coupées à cause de l'attentat, ajoutant au sentiment de panique.

Des millions d'internautes qui s'inquiétaient du sort de leurs proches ou voulaient rassurer les leurs ont pu alors communiquer grâce à la toile.

Après la tragédie, le premier réflexe de Liva Judic, une journaliste qui travaillait au World Trade Center et n'a pu joindre ni parents, ni collègues pendant des heures, a été d'acheter un ordinateur.

«Quand cela s'est passé, je sortais du métro pour aller travailler. J'étais persuadée que mes collègues n'avaient pas réussi à sortir. Il était impossible de passer un coup de fil», raconte-t-elle. «Désormais, j'ai un ordinateur, je peux l'emmener partout, envoyer des courriers électroniques et surfer sur le Net. Il me permet de rester en contact avec mes amis, avec le reste du monde, tout le temps».

Après le 11 septembre, des centaines de sites et de forums de discussion ont fleuri un peu partout sur le web pour comparer les expériences et rassembler les témoignages.

«Les communautés en ligne ont servi de relais émotionnel, spirituel, intellectuel aux Américains. Certains avaient besoin d'être consolés, d'autres d'exprimer leur colère, de trouver des points de repère», souligne Lee Rainie, directeur du centre de recherche Pew Internet and American Life Projet à Washington.

Ouvert de par sa nature même à tous les vents, Internet a aussi commencé à servir de vecteur aux canulars et fausses nouvelles les plus sordides - accusant telle ou telle communauté - répercutés en cascade via la mécanique du courrier électronique.

Une photo montrant l'incendie d'une des tours jumelles du World Trade Center suscite aussi toutes les passions: avec un peu d'imagination, on peut y discerner un visage... aussitôt attribué par certains à Satan.

«Internet fait pleinement partie de notre infrastructure de communication. Il peut effectivement être utilisé dans une crise pour diffuser de fausses informations», note Lee Rainie.

Les canulars et rumeurs liés aux attaques du 11 septembre ont toutefois été très vite repérés, constate-t-il. «Beaucoup d'internautes avertissent par courriel dès qu'ils en trouvent. J'ai souvent été alerté avant même de les avoir vus», ajoute-t-il.

Plusieurs sites, comme Urbanlegends.com et Worldnewyork.org, recensent aussi tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à de fausses rumeurs et en vérifient le fondement.

A partir de là, Internet peut jouer à plein son vrai rôle en cas de danger: «si vous habitez Saint-Louis et que Los Angeles est la cible d'une attaque chimique, vous pourriez apprendre par exemple quels hôpitaux ont des vaccins ou comment évacuer la ville».

Copyright © 2001 AFP








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