Sun Microsystems, AdherSIS North America, une entreprise de Québec, et le Collège Sainte-Anne, une école privée de niveau secondaire située à Lachine, ont dévoilé ce matin un projet conjoint qualifié de manière optimiste d'«école du 3e millénaire».
Le projet d'«école du 3e millénaire» a été initié en avril dernier par AdherSIS North America, qui travaillait déjà à la fois avec Sun Microsystems et le Collège Sainte-Anne. «J'ai vu comment fonctionnait le système de Sun et je me suis immédiatement dit que ce serait excellent dans une école, raconte Pascal Fournier, président d'AdherSIS. Le Collège Sainte-Anne a accepté de partager le risque.»
Pas moins de 410 terminaux Sun Ray de Sun Microsystems ont été disséminés un peu partout dans le Collège Sainte-Anne. La moitié d'entre eux, situés dans des salles d'étude ou des laboratoires d'informatique, sont accessibles en tout temps. Les autres ont été placés, par groupes de deux ou trois, dans chacune des salles de cours de l'école.
Ces terminaux ne comportent à toutes fins pratiques qu'un clavier, une souris, un écran et une carte réseau qui les relie à des serveurs centraux très puissants. Les terminaux ne servent que d'interface permettant aux élèves d'interagir avec les serveurs, où toute l'activité est concentrée. Les étudiants se branchent sur un terminal en utilisant une carte à puce leur permettant de s'identifier auprès du serveur. La carte à puce leur permet de se balader d'un terminal à un autre et de reprendre chaque fois, en quelques secondes, leur activité exactement là où elle en était. Même le curseur de la souris se trouvera au même endroit!
Les avantages, particulièrement dans un cadre scolaire, sont importants. D'abord, les terminaux ne nécessitent aucune mise à jour matérielle ou logicielle puisque tout le travail s'effectue sur le serveur, ce qui signifie des économies importantes. À elle seule, l'utilisation de la carte à puce ouvre un monde de possibilités. Les étudiants n'ont par exemple pas à se préoccuper de devoir utiliser un ordinateur en particulier. Peu importe le terminal sur lequel ils mettent la main, ils trouveront exactement le même environnement.
Pendant des exercices en classe, un étudiant qui bute sur un problème peut tout simplement retirer sa carte, se présenter au bureau du professeur, insérer sa carte dans l'ordinateur de son professeur et lui montrer exactement où il éprouve de la difficulté. De même, un professeur peut préparer la solution sur son terminal et se balader entre les bureaux carte à main, prêt à faire une démonstration à un étudiant en difficultés.
Il peut s'écouler jusqu'à 15 minutes avant qu'un étudiant ne doive réinscrire son mot de passe lorsqu'il insérera sa carte à puce dans un autre terminal. La précaution a évidemment été prise pour éviter qu'un élève qui perde ou se fasse voler sa carte se voit de plus voler les données contenues dans son espace de travail.
Intranet
À cette infrastructure matérielle impressionnante se greffe un «portail» lui aussi garni de fonctionnalités intéressantes. Élèves, enseignants, membres de l'administration et même parents bénéficient tous d'un accès personnalisé à ce portail. Les étudiants peuvent y trouver de l'information sur les devoirs à faire, l'échéancier des travaux à remettre, leurs résultats, un agenda, un calendrier, des messages de la direction, etc. Les parents ont aussi accès à certaines de ces informations telles que les devoirs à remettre, l'échéancier, les résultats, etc. La disponibilité des résultats pour les parents semblaient d'ailleurs titiller quelques étudiants interrogés...
Le portail est accessible via Internet, ce qui permet là encore aux étudiants d'avoir accès à leurs documents. Il s'agit d'ailleurs du seul moyen de transférer des documents électroniques à la maison, les terminaux n'étant pourvus d'aucun lecteur de disquettes. «Ça pourrait effectivement poser problème pour les étudiants qui n'ont pas Internet à la maison, a concédé l'adjoint aux ressources matérielles du Collège Sainte-Anne, Benoit Giroux. Mais nous avons mené une étude avant et 84% de notre clientèle dispose d'Internet à la maison. Mais c'est vrai que, même si nous sommes une école privée, ce ne sont pas nécessairement tous les parents qui ont les moyens d'avoir un ordinateur et un accès à Internet.» M.Giroux n'écarte donc pas la possibilité que les ordinateurs remplacés par les terminaux Sun Ray soient offerts à ces parents.
Quant aux professeurs, il semble qu'il n'y ait pas eu d'accroc d'importance dans leur intégration. «Ceux qui étaient les plus intéressés sont allés suivre une formation directement dans les bureaux de Montréal d'AdherSIS, explique M.Giroux. En revenant, ils ont agi en enseignants puisqu'ils ont appris le système à leurs collègues.»
Jean-François Codère