Une gigantesque étude sur le commerce électronique auprès des consommateurs (B2C) aux États-Unis, dévoilée hier par la firme eMarketer, révèle que malgré les durs coups portés à l'économie, nouvelle ou ancienne, depuis quelques mois, le nombre d'internautes et de consommateurs en ligne continue de croître.
Le rapport de quelque 250 pages baptisé "eCommerce: B2C Report" rendu public hier et dont Multimédium a obtenu copie est composé à la fois d'analyses et de prévisions d'eMarketer, et de la compilation d'autres études menées par une centaine d'autres organisations de recherche.
eMarketer elle-même, par exemple, estime à 156 milliards $US les revenus de commerce électronique B2C aux États-Unis en 2005. Ces revenus s'élevaient à 38,3 milliards $US en 2000. Quelle est la fiabilité d'une telle prédiction? Qu'on en juge: pour l'année 2001, eMarketer prévoit des revenus de 54,2 milliards $US, alors que d'autres études les situent entre 37,1 (Direct Marketing Association) et 117 milliards $US (Keenan Vision, en incluant toutefois les ventes d'assurances et de produits pour adultes).
eMarketer estime à 74 millions le nombre d'américains utilisant hebdomadairement Internet en 2000, à 95,4 millions ceux qui l'utilisaient mensuellement (critère utilisé par l'International Telecommunication Union, ITU) et à 140 millions le nombre de ceux qui y avaient tout simplement accès. En 2005, le nombre d'internautes au sens accepté par l'ITU devrait avoir presque doublé pour atteindre 177,2 millions, selon eMarketer.
Quant au nombre de consommateurs en ligne américains âgés de 14 ans et plus, qu'elle a évalué à 64,1 millions en 2000, eMarketer l'estime à 130 en 2005, soit près de la moitié de la population américaine actuelle. Les dépenses moyennes de ces acheteurs devraient quant à elles passer de 597,20 $US en 2000 à 1200 $US en 2005.
Le gros de ces dépenses devraient être faites auprès d'entreprises disposant aussi d'une présence hors du Web. Selon une étude d'Alexa Research citée par eMarketer, 33 des 50 plus importants sites de commerce électronique de type B2C aux États-Unis en 2000 avaient aussi pignon sur rue.
Autre étude citée par eMarketer: Visa International estime qu'entre 0,25$ et 0,28$ de chaque 100$ facturé en ligne fait l'objet d'une fraude de carte de crédit. C'est beaucoup plus que dans le commerce traditionnel, où ce taux est estimé à 0,07$ par 100$ facturé.
Jean-François Codère
Le communiqué d'eMarketer