Déjà enclenchés dans certains pays depuis belle lurette, les processus gouvernementaux d'adoption de logiciels libres se multiplient un peu partout à travers le monde. Les raisons sont multiples et commencent à poser un défi aux géants de l'industrie logicielle, Microsoft en tête.
Tant par ses avantages financiers que sécuritaires, l'adoption de logiciels libres plaît de plus en plus aux administrations gouvernementales du Brésil, de la France, de la Norvège, de la Chine et de l'Italie, pour ne nommer que celles-là.
La plupart clament des inquiétudes de nature sécuritaire liées à l'utilisation des produits des géants du marché, en majorité américains. Mais peut-être plus encore que les possibles taupes dissimulées secrètement à l'intérieur des logiciels au code source mystérieux, c'est la dépendance envers un seul pays, en l'occurrence les États-Unis, qui inquiète.
Outre la Chine, engagée dans le processus pour des raisons politiques évidentes, le Brésil se veut l'un des plus ardents pionniers du mouvement. Quatre municipalités y ont adopté des lois accordant la préférence ou forçant l'utilisation de logiciels libres. Plusieurs autres administrations du pays regardent de ce côté.
En France, bien qu'un projet de loi du genre présenté par trois sénateurs à la fin 1999 (voir notre article) ait été rejeté, le premier ministre Lionel Jospin a déposé la semaine dernière un décret formant l'Agence pour les technologies de l'information et de la communication dans l'administration (ATICA). L'article 3 de ce décret spécifie que l'Agence «encourage les administrations à utiliser des logiciels libres et des standards ouverts».
En Italie, la ville de Florence, imitée par la suite par plusieurs petites villes, a adopté en juin recommendant l'utilisation de logiciels libres lorsque possible. L'auteur de cette recommendation en serait d'ailleurs a élaboré un projet semblable qu'il entend présenter au gouvernement national.
Au Québec...
Le Québec n'est pas exclus. Selon un
message émis sur un forum de discussion hébergé par le site de Mandrake, la ville de
Côte Saint-Luc, sur l'île de Montréal, a également opéré un virage Linux, qui semble toutefois davantage motivé par un souci d'économie et de fiabilité que de sécurité.
Et le gouvernement canadien? Aucun signe de ce côté. Mais s'il faut en croire la légendaire épopée du logiciel Promis, qu'on dit utilisé par les fonctionnaires fédéraux mais bourré de mouchards américains et israëliens (voir notre article), le logiciel libre pourrait être une sage alternative.
Jean-François Codère
Un article de ZDNet News