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Les délinquants au ban d'infamie du cyberespace en Corée du Sud

Canoë 
30/08/2001 17h37 

(AFP) - Identités et renseignements personnels concernant des délinquants sexuels sont publiés sur Internet par les autorités sud-coréennes qui estiment avoir trouvé ainsi le moyen d'enrayer la montée de ce type de criminalité.

Ce ban d'infamie moderne a été institué en raison de l'accroissement inquiétant des agressions sexuelles dont sont victimes filles et garçons de moins de 18 ans, indique-t-on de source officielle.

Une mesure institutionnelle
La commission pour la protection des mineurs qui dépend directement du Premier ministre a décidé de publier les noms, âge, date de naissance, adresse, emploi, ainsi qu'un résumé des faits commis par chacun des 169 délinquants mais pas leur photo.

Ces informations seront disponibles pendant six mois sur le site Internet de la commission et pendant un mois sur les panneaux d'affichage officiels, indique-t-on également. Les identités seront également publiées sur les journaux officiels du gouvernement.

Cette liste comprend les noms de 60 condamnés pour mauvais traitement à enfant de moins de 13 ans, de 47 coupables de viols, de 27 personnes ayant cherché à avoir des relations sexuelles rémunérées avec des mineurs, 20 condamnés pour tentative de viol, et 15 coupables de proxénétisme sur des mineurs.

Pour réparer les torts
Kim Soung-Yee, président de la commission a souligné que ces faits constituent "des actes criminels causant un dommage irréparable non seulement aux jeunes victimes mais qui détruisent également les fondements moraux de la société".

«Je voudrais que ceci aide les délinquants sexuels à ne pas renouveler leurs infractions et contribue pour le public à souligner la nécessité d'enrayer les crimes sexuels», a déclaré M. Kim au cours d'une conférence de presse.

Une façon d'endiguer les crimes
Le nombre des crimes sexuels enregistrés chaque année a augmenté de 60% au cours des cinq dernières années en Corée du Sud pour atteindre le chiffre de 9.775 l'an dernier. Quelque 40% des victimes sont des femmes de moins de 20 ans.

Les viols des enfants de moins de 13 ans ont augmenté de manière continue ces dernières années passant de 210 en 1998 à 433 en 1999 et 594 en 2000, a-t-il souligné.

Cette diffusion dans le public est prévue par un texte de loi adopté l'an dernier relatif à la protection des mineurs contre les crimes d'ordre sexuel. Cette législation donne pouvoir à la commission d'établir deux fois par an une liste de délinquants sexuels dont les identités seront publiées. La prochaine liste sera publiée dans six mois, a indiqué la commission.

Polémique
Cette décision a suscité une forte polémique. Les mouvements féministes applaudissent alors que les opposants soulignent que ce pilori électronique peut constituer un danger pour ceux qui ont fauté.

Un zélateur de cette délation a demandé encore plus de détails sur ces "brutes criminelles" dans une réaction enregistrée sur le site Internet de la commission (www.youth.go.kr). "Ils doivent pouvoir être identifiés de manière à ce que leur voisinage soit protégé", écrit-il.

«Voilà une idée bien pitoyable de frapper d'ostracisme une personne simplement parce qu'elle a fait un faux pas. Une fois qu'on a payé pour une faute on ne devrait pas être frappé une seconde fois», écrit un opposant.

Copyright © 2001 AFP








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