(AFP) - Vivendi Universal a finalisé avec succès l'acquisition du site de musique américain MP3.com, transaction qui sera réglée en espèces et en actions, a indiqué mercredi soir le groupe de Jean-Marie Messier dans un communiqué.
Les actionnaires de MP3.com, un nom synonyme de compression de fichiers musicaux pour des millions d'internautes, ont voté en faveur de l'opération de fusion lors d'une assemblée extraordinaire réunie lundi. Cette opération avait été annoncée fin mai.
Sur plus de 69 millions d'actions en circulation, plus de 68% ont participé au vote, 99% des suffrages étant favorables à la fusion. De son côté, MP3.com a été radié de la cote du Nasdaq mardi avant l'ouverture des marchés.
L'acquisition de la société californienne constitue «un pas extrêmement important» dans la stratégie de distribution de musique en ligne de Vivendi Universal et pour «l'acquisition d'une technologie de pointe», a souligné Jean-Marie Messier, cité par le communiqué.
L'objectif du groupe, a-t-il rappelé, est de «devenir le premier fournisseur de musique en ligne et de services liés».
MP3.com, créée en 1997, permet de télécharger de la musique sur Internet et de l'écouter sur un PC ou un lecteur numérique. Son catalogue comprend quelque 750 000 titres.
«Ces types ont vraiment la technologie et ils l'ont conçue de façon très conviviale pour le consommateur», déclarait récemment le vice-président de Vivendi Universal, Edgar Bronfman.
Maintenant dans la cour des grands
Aux débuts de la Nouvelle économie, MP3.com a incarné tous les espoirs de la musique en ligne, y compris à Wall Street, où l'action caracolait à 63 dollars en juillet 1999... contre 5 dollars aujourd'hui.
Il était alors servi par un nom très prometteur - le format MP3, bien que non inventé par le site, permet de comprimer la musique en petits fichiers numériques - et par la fronde des sites indépendants face à l'industrie de la musique.
Ses ennuis ont commencé en janvier 2000, lorsque les grandes maisons de disques ont déposé plainte contre lui pour violation des droits d'auteur.
My.MP3.com, le service phare du site, s'est retrouvé au centre de la polémique. Il permet à l'utilisateur de "stocker" sa collection de CD sur Internet et de l'écouter ensuite n'importe où dans le monde, via le web.
Il suffit pour cela de glisser les CD dans le compartiment CD-Rom de son ordinateur pour prouver qu'on en a la possession. MP3.com les identifie alors et les stocke dans la collection virtuelle.
Pour échapper à une condamnation, le site a finalement conclu en 2000 des accords à l'amiable avec les grands groupes d'édition musicale, y compris Universal Music, qui lui ont coûté quelque 160 millions de dollars de dommages et intérêts.
Il s'est aussi engagé à payer à l'avenir des royalties à l'industrie et a commencé à développer, en conséquence, un service payant, auquel s'ajoutent recette publicitaires et ventes de CD.
Au deuxième trimestre 2001, MP3.com a enregistré une perte nette de 11,6 millions de dollars - contre 177 millions un an plus tôt - pour un chiffre d'affaires de 17,5 millions de dollars.
Napster, le plus populaire de tous les sites de musique, l'a depuis "détrôné" comme ennemi public numéro un de l'industrie du disque, même s'il s'apprête aujourd'hui lui aussi à entrer dans le rang.
MP3.com n'est pas pour autant débarassé de tout souci judiciaire. A la mi-août 2001, une cinquantaine de petites maisons de disques et auteurs américains ont porté plainte à leur tour pour violation des droits d'auteur et lui réclament 25 millions de dollars.
Vivendi Universal, qui s'apprête à lancer à l'automne un service de musique par abonnement en commun avec Sony, a surtout retenu dans l'intervalle les atouts technologiques de MP3.com.
© 2001 AFP