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L’échange de musique en ligne se porte bien

Canoë 
20/07/2001 17h36 

(AFP) - Les jours du site d'échange de musique Napster, défait devant les tribunaux par l'industrie du disque, sont peut-être comptés mais nombre de sites alternatifs prennent déjà le relais avec un succès grandissant.

Napster, le phénomène Internet de l'an 2000, n'est déjà plus que l'ombre de lui-même, contraint en mars par la justice américaine de bloquer tous les échanges de musique relevant des droits d'auteur sur son site.

Il a quasiment fermé ses portes depuis début juillet, d’une part pour installer un nouveau système de filtres et sous la pression d'un juge de San Francisco qui lui a interdit de reprendre du service tant qu'il ne respecterait pas à 100% ses obligations.

Cette décision a été renversée le 18 juillet sans redonner pour autant à Napster le souffle dont il aurait besoin pour reprendre l'initiative à l'heure des grandes manoeuvres de la musique en ligne.

Le site, qui se targuait de compter 70 millions d'utilisateurs enregistrés au début de l'année, au terme d'une croissance exponentielle, assiste à une véritable hémorragie de son audience depuis la décision de justice du 5 mars.

Il ne comptait plus que 18,8 millions d'utilisateurs en juin, soit 31% de moins qu'en février, au plus fort de son activité, selon une étude de la société de conseil américaine Jupiter Media Metrix publiée vendredi. Le temps passé sur le site a chuté parallèlement de 65%.

L'échec de Napster a momentanément fait place au vide, les maisons de disque tardant à mettre en place des services de musique en ligne par abonnement, malgré les alliances et les plate-formes annoncées ici et là pour l'été ou l'automne.

Napster se prépare lui aussi à lancer un système payant. Reste à savoir s'il pourra capitaliser sur son formidable réservoir de fans, qui risquent de peu apprécier de devoir sortir leur porte-monnaie pour un service hier gratuit.

Les "accros" de l'échange de musique en ligne ont commencé à chercher frénétiquement des alternatives, qui se développent avec une popularité croissante, sous les noms de Gnutella, Audiogalaxy ou Morpheus.

«L'audience de Napster commence à se fragmenter entre différents services», relève un analyste de Jupiter Media Metrix, Mark Mooradian.

Bodetella, inspiré du système Gnutella, fédère déjà un million d'utilisateurs, selon Jupiter Media Metrix. Audiogalaxy a vu le nombre de ses visiteurs grimper à 978 000 visiteurs en mai, soit 78% de plus qu'en mars, selon les mesures de Jupiter MediaMetrix.

Depuis peu, une nouveau réseau, lancé aux Pays-Bas et intitulé Fasttrack, se répand à la vitesse de l'éclair. Son logiciel d'échange de musique ("Morpheus") est disponible gratuitement notamment sur les deux sites officiels du réseau, Kazaa.com et Musiccity.com.

La base de Fasttrack –225 000 utilisateurs connectés en moyenne simultanément en juin et 400.000 au début juillet- croît à un rythme impressionnant, selon la société d'études américaine Webnoize.

«Si ce taux de croissance continue, un million d'utilisateurs seront connectés au réseau Fasttrack d'ici la fin de l'année», relève Lee Black, directeur de recherche chez Webnoize. «Il atteindra alors le niveau de popularité de Napster», ajoute-t-il.

A la différence de Napster, ces nouveaux services sont pour la plupart décentralisés, ce qui les met à l'abri de toute accusation de violation des droits d'auteur. L'utilisateur peut aller chercher directement de la musique dans le PC d'un autre utilisateur sans avoir à passer par les ordinateurs centraux du site.

«Il sera très difficile, voire impossible, pour les maisons de disques de les poursuivre comme elles l'ont fait avec Napster», relève Mark Mooradian de Jupiter Media Metrix.

Copyright © 2001 AFP








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