Une autre journée dans la vie des fidèles d’Apple s’est terminée sans grande surprise, mais avec tout de même beaucoup de cadeaux. La présentation faite par Steve Jobs, pape de la Sainte-Pomme, lors de l’Expo Macworld de New York, n’a montré aucun nouvel ordinateur, mais tout plein d’améliorations et de mises à jour.
En fait, ceux qui avaient de nouveaux bidules sous leurs bras étaient surtout les producteurs de logiciels qui alimentent Apple. C’est ainsi qu’Adobe, IBM, Blizzard, Maya, Connectix, File Maker et compagnie ont démontré quelques-unes des possibilités de leur logiciel respectif pour MacOS X, le produit vedette de la matinée.
Ce qu’on peut remarquer de ces présentations, suite aux commentaires de plusieurs développeurs disant vouloir mettre à jour, sinon produire de nouvelles versions logicielles pour MacOs X, c’est le degré de coopération que veut montrer Apple. Par ailleurs, on annonçait que les applications faites pour Mac pourraient passer de l’OS 9 à X sans problème. Finalement, pour les suites logicielles qui ne se convertissent pas, on a fait savoir que des mises à jour seront disponibles.
Certains des développeurs proposent de faire des logiciels supportés par MacOS X. Tirant parti des différentes possibilités de l’OS X, c’est ainsi que Quark Xpress, dans une version bêta disponible sous peu, 5.x, propose de faire la conversion de ses documents en html directement, traduisant les images .eps en .jpg à l’aide d’un simple clic, tout en gardant la proportion des documents pour la conversion vers le Web. Blizzard, pour un War Craft III, profitera des possibilités 3D –avec la mise à jour d’OpenGL et le support pour NVIDIA GeForce3.
Adobe, avec Illustrator, permet ainsi de faire le transfert de documents vers GoLive sans aucune manipulation autre qu'en faisant glisser le document d'un programme à l'autre. De plus, on peut faire des ajustements dans Illustrator qui apparaîtront directement dans GoLive, et ainsi de suite. IBM, avec son ViaVoice, propose la même facilité d'utilisation, avec reconnaissance vocale à tout vent pour la rédaction de textes ou la gestion d’applications. La vitesse est égale à l’exécution manuelle, et plus rapide lors de la rédaction, ce qui en a épaté plusieurs…
C’est ainsi qu’on a eu droit à ces démonstrations des différentes compagnies assurant leur foi en Apple et toute cette sorte de choses. C’est bien sûr quand Steve Jobs a pris le contrôle des démonstrations que la foule s’est emballée.
Un nouveau produit en lice était le «SuperDrive» qui lit et grave les cédés ET les DVD avec une qualité professionnelle. Disponible depuis janvier, voilà qu'il se généralise dans les PowerMacs de moyenne et de haute gamme. En fait, selon la démonstration de Jobs, les DVD produits avec le SuperDrive pourront rouler sur n’importe quelle machine commerciale; c’est donc dire que l’on pourra commencer à faire des copies de DVD très bientôt. De plus, les processus se sont simplifiés à l’extrême. Pour la compression en MPEG2, par exemple, l’encodage se fera alors que l’on visionnera le montage vidéo, comme c’est maintenant le cas pour les MP3. La vitesse de compression est aussi de 1:1. Pour les cédés, c’est le glissement de l’icône qui règne en maître et la vitesse… stupéfiante.
Mais Apple mise tout de même sur les valeurs qui font leurs preuves pour l’instant. Nonobstant la mise au rancart du Cube, c’est avec le rafraîchissement des iMacs, des Notebooks, des iBooks et des PowerMacs qu’on veut asseoir la croissance de prochains mois. Les unités se sont bien vendues, en croissance comparé à l’an passé. C’est par une stratégie d’accessibilité pour le grand public ou les nouveaux utilisateurs qu’Apple compte garder ses parts de marchés.
Qu’on en juge: chaque lignée de produits compte sur des modèles bas de gamme et des modèles haut de gamme. Pour le iMac bas de gamme, on propose rien de moins que 500 Mhz, 128 Mb RAM, 20 Gb de disque dur et un graveur de cédé. Le tout pour 1000$ US, témoignant de la volonté d’Apple de se rapprocher un peu plus de Monsieur et de Madame Tout-le-monde.
Pour les PowerMacs, le processeur de 867Mhz coiffe au poteau le Pentium IV de 1,7 Ghz. Dans la démonstration d’usage, les opérations demandées au PowerMac étaient complétées presque 2 fois plus rapidement. Une opération dans Photoshop, incluant une centaine d’actions, est faite en 45 secondes alors qu’Intel le fait en 82…
Le clou de la matinée était évidemment le MacOS 10.1, une mise à jour demandée par les utilisateurs, selon Steve Jobs. On promet 10 nouvelles applications pour l’OS X, tandis que le 10.1 sera encore plus performant dont plusieurs mises à niveau pour l’interface Aqua, comme par exemple la gravure de cédés depuis le Finder. Et il est rapide… mais alors là, tellement rapide qu’il s’écoule, à vue de nez et sans chronomètre, il faut bien le dire, qu’il s’écoule donc moins d’une seconde entre le l’appel de l’application et son activation. À titre d’exemple, Internet Explorer s’ouvre 5 fois plus rapidement. On ajoute de plus la capacité de supporter plusieurs centaines de périphériques et un client SMB, rendant maintenant Apple convivial avec les serveurs Windows.
Une moisson riche pour les férus de gadgets et les «power users», donc.
Jean-François Parent