(AFP) Vivendi Universal entre en force dans le secteur des services culturels sur Internet, en lançant pour 19,55 millions$ le portail Divento.com, qui combine dans cinq pays européens guide des sorties, information culturelle, billetterie électronique et services variés.
Consacré aux spectacles de musique (de l'opéra à la techno), de danse, de théâtre, ainsi qu'aux musées, galeries et expositions, Divento veut offrir «un service complet, depuis le choix du spectacle jusqu'au dîner qui le suit», a déclaré Jean-Marie Messier, pdg de Vivendi Universal, lors d'une récente rencontre avec quelques journalistes.
Doté d'un budget d'investissement de 15 millions d'euros (19,55 millions$) sur trois ans, le portail, ouvert en mai, est dirigé par Stéphane Lissner, directeur du Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence, dont M. Messier est un des administrateurs.
Divento a créé des rédactions dans les cinq pays couverts -la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Belgique et l'Espagne-, totalisant une quarantaine de journalistes. «D'ici un an et demi, je pense que nous serons également en Italie», assure M. Lissner.
Outre des critiques et des présentations de concerts, le site propose des fiches descriptives des lieux de spectacles et de petits films de quelques minutes, extraits de représentations, interviews et reportages.
Le guide recense quant à lui plus de 15 000 événements en France et en Europe, pour lesquels Divento propose l'achat de billets en ligne, en partenariat avec des sites déjà existants. À partir du 20 août et l'ouverture d'un centre d'appel, la réservation sera également possible par téléphone.
Enfin, plusieurs «services associés» ont été développés, sur le modèle du site de billetterie américain Ticketmaster (autre filiale de Vivendi Universal), comme un guide des restaurants, la réservation de taxi, ou la présentation du meilleur itinéraire pour se rendre au spectacle.
Divento devra, comme tous les sites Internet de Vivendi Universal, trouver son équilibre «avant la fin du troisième exercice et enregistrer ses premiers bénéfices pendant le quatrième», souligne M. Messier.
Le site compte engranger des revenus «à travers la vente de tickets, même si elle n'offre qu'une marge minime, la vente de nos contenus éditoriaux et celle de cartes privilèges», précise M. Lissner.
Ces cartes, vendues aux particuliers et aux entreprises pour un montant compris entre 800 et 1 000 francs annuels (160$ à 200$), proposeront des services comme des alertes personnalisées, des facilités de réservation ou des possibilités de remboursement. Divento compte en vendre 30 000 d'ici à la fin 2002.
Avec ces cartes de fidélité, Vivendi Universal poursuit sa politique d'abonnements, préférée dans toutes les branches du groupe (télévision, téléphone, Internet) aux modèles basés sur la publicité. «À terme, plus de la moitié des revenus de Divento proviendra des abonnements», assure M. Messier.
Le site compte également développer les services de «B2B» (entreprise à entreprise), pour des actions de relations publiques, de fidélisation...
Les fameuses «synergies», que tous les groupes nés de fusions appellent de leurs voeux, devraient également se développer autour de Divento.
Outre un accord signé avec Ticketmaster en Grande-Bretagne, Divento sera partenaire d'Allociné, le site multi-services de cinéma de Canal+, autre filiale de Vivendi Universal.
Divento, qui compte environ 90 salariés, est détenu à 75% par Vivendi Universal et à 25% par LS Art (Stéphane Lissner).
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