(AFP) Le quotidien russe d'opposition Segodnia a cessé de paraître sur Internet où il s'était réfugié depuis sa liquidation par le groupe gazier Gazprom qui en avait pris le contrôle, a indiqué vendredi son rédacteur en chef, Mikhaïl Berger, cité par l'agence Interfax.
«Nous avons cessé de faire paraître la version Internet www.today.lenta.ru du journal parce que nous avons perdu toute chance d'acquérir les droits de publication pour la version imprimée», a déclaré M. Berger.
Le quotidien avait été supprimé le 16 avril par Gazprom, qui a pris indirectement le contrôle de ce titre via la maison d'édition Sem Dneï aux dépens du groupe de presse d'opposition Media-Most.
Les pourparlers tenus pour l'acquisition des droits de publication entre Media-Most et les employés de Segodnia d'un côté et la direction de Gazprom et la maison d'édition Sem Dneï de l'autre, n'ont rien donné, selon M. Berger.
Outre Segodnia, Media-Most a perdu en avril le contrôle de son fleuron, la chaîne NTV, ainsi que de l'hebdomadaire Itogui au profit du géant gazier Gazprom, dans le cadre d'un litige sur une dette de 262 millions de dollars.
Un tribunal de Moscou a de plus ordonné le 4 mai dernier la remise de 25% des parts des autres sociétés de Media-Most, dont la radio Echo de Moscou, à Gazprom qui en détenait déjà 25% plus une action, offrant le contrôle de ces médias au groupe gazier dont le principal actionnaire est l'État.
Segodnia, Itogui et NTV étaient des créations du groupe Média-Most, dont le fondateur Vladimir Goussinski avait fui en Espagne en juillet dernier après avoir dénoncé un accord lui promettant la fin de toutes poursuites judiciaires en l'échange de la cession de son groupe à Gazprom.
Inculpé par Moscou pour «escroquerie», la justice espagnole a refusé le mois dernier son extradition, mais le Parquet russe a aussitôt émis une nouvelle inculpation pour «blanchiment».
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