Deux ans après le dévoilement de son agenda de mise en marché, le consortium SDMI n'a toujours pas réussi à commercialiser un format de musique numérique à l'abri du piratage. L'industrie du disque doit donc pour l'instant continuer de poursuive tout ce qui bouge dans le domaine sans être en mesure d'offrir de solution alternative légale.
À pareille date l'an dernier, le P.D.G de Real Networks, Rob Glaser, comparait la situation de la musique en ligne à la prohibition des années 1920. Tout en cherchant à empêcher l'échange illégal de fichiers musicaux, l'industrie du disque poussait selon lui ses consommateurs à l'illégalité en n'offrant aucune solution alternative valable. Force est d'admettre que la situation n'a malheureusement pas encore évolué. Même équipé de tout l'argent du monde, il est difficile voire impossible de se procurer des chansons de la grande majorité des artistes reconnus via Internet. Les solutions illégales demeurent la voie la plus simple.
Lasses d'attendre la solution de la Secure Digital Music Initiative (SDMI), de laquelle elles sont pourtant instigatrices, les cinq principales maisons de disques ont profité de la première semaine du mois d'avril dernier pour annoncer en série différentes initiatives musicales. BMG, EMI et AOL (Time Warner) ont d'abord ouvert le bal, conjointement avec Real Networks, en présentant MusicNet. Deux jours plus tard, Microsoft donnait la réplique avec MSN Music. Le lendemain, c'était au tour des deux plus grosses maisons de disques, Sony et Universal Music, d'annoncer que Yahoo! serait le premier client de leur projet commun baptisé Duet. Le même jour, la chaîne musicale spécialisée MTV annonçait la conclusion d'une entente avec les cinq majors. Tous ces beaux projets entreront évidemment pleinement en fonction... un peu plus tard au cours de l'année.
Pendant ce temps, le consortium SDMI tente de préserver par des moyens légaux la sécurité des différentes technologies de filigrane numérique mises à l'essai à l'automne 2000 via un défi aux pirates. Le consortium a ainsi menacé de poursuites un professeur d'université américain qui voulait dévoiler les résultats des travaux de son équipe sur ces filigranes numériques (voir notre article).
La situation est la même pour la Recording Industry Association of America (RIAA), dont la poursuite à l'endroit de Napster a été très médiatisée. La RIAA vient d'ailleurs tout juste de déposer une nouvelle poursuite contre Aimster, un logiciel similaire, et continue d'émettre des mises en demeure à l'endroit des auteurs de logiciels d'échange poste à poste un tant soit peu centralisés, iMesh notamment.
Jean-François Codère
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