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Ramon, cyber-clochard céleste

Canoë 
25/05/2001 17h34 

(AFP) Pour faire le tour du globe sans bourse délier, un néerlandais de 24 ans a demandé aux internautes du monde entier le gîte et le couvert: il a été comblé au-delà de ses espérances et a pris la route.

Ramon Stoppelenburg a quitté sa ville natale d'Hilversum le 1er mai, en auto-stop, six semaines après avoir créé le site let-me-stay-for-a-day.com («invitez-moi-une-journée.com»).

Dans son baluchon quelques vêtements, un appareil-photo numérique et un ordinateur portable dans lequel il a stocké les centaines de messages et d'adresses parvenues sur son site de tous les coins du monde.

«À ce jour, j'ai près d'un millier d'invitations, de 64 pays», explique-t-il jeudi depuis Paris, où il était arrivé la veille. «À ce rythme, j'en ai pour trois ou quatre ans».

C'est un autre internaute astucieux, l'américain Rich Schmidt, qui a inspiré cet étudiant en journalisme en créant l'an dernier le site Envoyez-moi-un-dollar.com, un succès fulgurant.

«D'abord, j'ai pensé à Envoyez-moi-un-euro.com, mais cela aurait été plagier. Alors, si vous pouvez demander de l'argent sur Internet, vous pouvez demander un lit et un toit. J'ai essayé, voir si quelqu'un allait répondre... Le monde entier a répondu».

Le jour même de sa mise en ligne, son site enregistre les premières offres. Le lendemain, il est à l'antenne d'une radio locale. Au cours des premiers jours, deux cents offres d'hébergement affluent quotidiennement, des dizaines d'interviews pour des journaux japonais, des sites web belges ou une radio de San Francisco.

En échange de votre hospitalité, Ramon s'engage à raconter son séjour chez vous, ce que vous allez lui servir pour dîner, les sujets de conversation abordés et personnes rencontrées, le tout agrémenté de photos.

«J'ai trouvé le moyen de voir le monde sans rien dépenser. Cela m'a pour l'instant coûté 25 dollars, pour l'enregistrement du nom de domaine. Mon budget est de zéro: le jour où je devrai dépenser, cela sera la fin».

Il n'a pas d'itinéraire en tête, se connecte deux fois par jour pour envoyer ses récits, des courriers électroniques et recenser les nouvelles invitations.

La France, avec ses internautes francophones, lui pose problème: «Je n'ai pour l'instant qu'une vingtaine d'invitations, de la part de gens capables de lire mon site en anglais. Il faudrait par exemple que j'aille de Paris à Rennes ou Toulouse, cela fait de trop grandes étapes».

Une grande tâche noire sur sa carte: l'Afrique. Une invitation du Ghana, une poignée d'Afrique du Sud illustrent le retard du continent dans l'accès à Internet.

Dans le monde anglo-saxon en revanche, mais aussi en Inde ou en Chine, ce fut l'avalanche.

«Dès que je vais poser le pied en Amérique, ils me veulent pour l'émission de Jay Leno» (un talk-show en soirée très populaire aux États-Unis). «J'ai des invitations de tous les États, dont un nombre incroyable en Californie et sur la côte Est».

Pour payer ses billets d'avion, Ramon a commencé à rédiger des chroniques de voyage publiées par des journaux ou des webmagazines aux Pays-Bas. Mais déjà plusieurs commanditaires se sont proposés pour les lui offrir, en échange d'une citation sur son site. Des hôtels se sont également manifestés.

«Et je sais déjà où je veux passer la dernière nuit de mon périple»" assure ce jeune homme culotté: «À la Maison Blanche. Et je pense que je vais y arriver. Je vais faire circuler une pétition, et avec ça j'irai voir George Bush et lui dirai: "Invitez-moi-une-journée!"»

Copyright © 2001 AFP








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