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Bull durcit sa cure d'amaigrissement, en cédant ses activités Services

Canoë 
22/05/2001 17h34 

(AFP) Le groupe informatique Bull a franchi une nouvelle étape dans sa cure d'amaigrissement pour redevenir bénéficiaire, en annonçant la vente de ses activités dans les services, qu'il considérait pourtant jusqu'à présent comme un axe de développement prioritaire.

Le PDG de Bull, Guy de Panafieu, avait encore assuré le 1er mars, en annonçant l'aggravation des pertes de la compagnie l'an dernier, que le retour à la rentabilité du groupe serait assuré par un recentrage sur les activités serveurs et services. Tout en se déclarant prêt à accueillir des actionnaires minoritaires lorsque ces deux activités seront complètement filialisées, il avait affirmé qu'il n'en céderait pas le contrôle.

Mais Bull, connu avant tout comme un spécialiste des grands systèmes informatiques, avec des serveurs tournant sur GCOS, un système d'exploitation maison, peine à faire décoller ses activités de service informatique, malgré une conjoncture redevenue plus favorable.

La croissance du secteur, dopée par les projets commerce électronique qui se multiplient dans les entreprises, devrait dépasser les 11% cette année, selon le syndicat professionnel Syntec, et certains groupes de services informatiques français, comme GFI ou Steria, affichent depuis le début de l'année des croissance de près de 30%.

Bull a donc décidé de trancher dans le vif, en cédant la quasi totalité de ses activités services. Selon un communiqué, le groupe a ouvert «des négociations en exclusivité» avec Steria, une société de services informatiques de taille moyenne, pour la vente des activités européennes d'Integris. Les activités françaises d'Intégris seraient reprises par le fonds d'investissement AXA Private Equity et la holding Caravelle.

Un choix immédiatement applaudi par les marchés financiers: l'action de Bull, qui a perdu 45% depuis le début de l'année, regagnait 13,70% à 3,07 euros (4,11 dollars) à la bourse de Paris. Par contre, l'opération a été considérée par la plupart des analystes comme risquée pour Steria, qui perdait 10,6%, à 125,1 euros (167,6 dollars). Steria a pourtant indiqué que l'acquisition, qui lui permettra d'accéder d'un coup aux marchés européens, notamment britannique et allemand, devrait avoir un effet positif sur ses résultats dès la première année.

Bull a indiqué que «l'ensemble des activités cédées serait valorisées environ 300 millions d'euros (402 millions$)». La cession, qui ne concernera pas les activités maintenance des services informatiques, représente au total 1,7 milliard d'euros (2,28 milliards$) de chiffre d'affaires, dont 840 M (1,125 milliard$) hors de France. Plus de 8 000 personnes travaillent dans les activités Services de Bull, qui sont déficitaires. Cyril du Peloux, président d'Intégris, avait affirmé lors de la présentation des résultats 2000 que «le pôle Services est désormais en tous points comparables aux autres sociétés de service européennes».

Guy de Panafieu avait annoncé le 29 novembre un énième plan de restructuration de Bull, prévoyant, en même temps que la suppression de 1 800 emplois, un recentrage sur les deux métiers principaux du groupe, les serveurs et les services, et plus de 400 millions d'euros (536 millions$) de cessions d'actifs en 2001. En février, Bull a cédé son activité la plus prometteuse, la division cartes à puces, à Schlumberger, pour 350 M d'euros (469 millions$). Le groupe a également cédé sa filiale irlandaise Cara au groupe Hibernia Capital Groupe, pour un montant de 31 millions d'euros (41,54 millions$).

Pratiquement réduit à son activité Serveurs, qui sera réorganisée d'ici la fin de l'année dans une filiale nommée Bull Infrastructure et Systèmes à la recherche de partenaires, le groupe informatique héritier du Plan Calcul de l'administration gaulliste des années 60 ne pèsera plus qu'un milliard d'euros (1,34 million$) de chiffre d'affaires.

Copyright © 2001 AFP








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