L'industrie technologique cubaine cherche des partenaires canadiens

«Technologies de l'information» a beau rimer avec «nouvelle économie», «Bourse» et «capitalisme en folie», Cuba veut sa part du gâteau. Une délégation cubaine en visite au Québec depuis maintenant une semaine cherche à établir des partenariats entre entreprises cubaines et canadiennes.

C'est le Consortium Silicon Island (CSI), un organisme basé à Laval mais représentant les entreprises technologiques et les centres de savoir et de développement des universités cubaines, qui accueille le groupe de quatre délégués du ministère de l'Informatique et des Communications cubain, dont le vice-ministre Melchor Félix Gil Morrell.

Ces quatre délégués rencontraient cet après-midi à Laval quelques entreprises et organismes québécoise, dont Khéops Technologies, Govern Software, Hydro-Québec, SNC-Lavalin, RVBS, Télé-Université, Vubiz.com, Oriso, CM TEK, Pyxis Technologies, SODEFI, Elix, Lason, le Centre de promotion du logiciel québécois, Laval Technopole et Laurentides International. Industrie Canada est également du lot.

Selon Stéphane d'Amours, président du CSI, les entreprises canadiennes peuvent tirer parti de ces alliances stratégiques de diverses façons. «Cuba peut servir de porte d'entrée pour l'Amérique latine, explique-t-il. Cuba dispose par exemple de représentations permanentes au Mexique, au Brésil, en Argentine, au Costa Rica et au Guatemala, entre autres. Il y a également un fort potentiel de main d'oeuvre spécialisée.»

La documentation préparée par son organisme fait d'ailleurs ses choux gras de la qualité du personel cubain. «À Cuba, pour une population de 11 millions d'habitants, il y a 47 universités, 23 400 professeurs et 300 000 étudiants universitaires, peut-on y lire. [...] L'informatique est intégrée à l'éducation dès la septième année. [...] Plus de 13 000 gradués sont issus des études supérieures en informatique et en électronique.»

Pour sa part, la délégation cubaine cherche à profiter de la formation et des connaissances canadiennes. On serait également intéressé à trouver des partenaires pour le développement, la représentation ou la distribution de produits cubains.

L'industrie cubaine des technologies de l'information conçoit notamment de nombreuses solutions en télémédecine. Ce n'est toutefois pas l'unique secteur où les entreprises cubaines, une quarantaine employant plus de 5000 spécialistes selon le communiqué, sont intéressées à développer des partenariats. Le développement de logiciels et de systèmes d'information, la télémédecine, la géomatique, le multimédia, la conversion et le traitement de données figurent au plan de match.

Aucune entreprise québécoise ne dispose de partenariat avec l'industrie cubaine, selon Stéphane d'Amours, mais une entente serait imminente dans le domaine de la géomatique, où oeuvrent au moins deux entreprises présentes à la rencontre de cet après-midi, soit Khéops Technologies et Govern Software.

Les partenaires canadiens intéressés n'ont par ailleurs rien à crainde des diverses sanctions économiques appliquées par les États-Unis à l'endroit de Cuba, selon Stéphane d'Amours. «Il n'y a aucun problème, répond-il. La seule restriction pertinente concerne l'imporation à Cuba de technologies américaines. Il n'y a aucune difficulté à importer des technologies québécoises.»

Jean-François Codère

Plus d'informations sur le site du Silicon Island Project


Vidéos

Photos