MissNet, concours de beauté révolutionnaire par Internet, démarre en Ukraine

(AFP) Le concept est révolutionnaire, les filles sont belles et les internautes seuls maîtres à bord. Le concours de beauté MissNet, créé récemment par deux hommes d'affaires Libanais dans une quarantaine de pays, a pris son premier envol en Ukraine.

Seize jeunes filles, âgées de 16 à 22 ans, ont défilé samedi devant un parterre réunissant le beau monde de Kiev mais aussi de nombreux journalistes étrangers venus observer cette première dans le milieu de la mode.

Ici, pas de jury. On renverse sans ménagement les us et coutumes des concours de beauté. Seul le vote populaire, via Internet, est de rigueur pour choisir celle qui représentera son pays, à Paris, lors de la finale internationale en octobre prochain.

«Le milieu de la mode avait besoin d'une révolution», relève Omar Harfouch, fondateur avec son frère Walid de MissNet, une société basée à Genève. «Nous disons aux gens: choisissez vous-mêmes l'ambassadrice de votre pays!»

L'idée semble d'ailleurs avoir fait son chemin et un entrepreneur saoudien annonçait samedi, lors du spectacle, une participation de «plusieurs millions de dollars» dans l'affaire.

«Je me fiche des professionnels de la mode et de leurs critères», lance encore Omar. «Il faut plus de démocratie. Pourquoi un petit groupe de jurés devrait-il décider des canons de beauté pour tout un pays ou tout un continent?», poursuit avec passion cet homme de 32 ans, qui a fait ses armes en organisant pour le groupe Elite model Look des concours de mannequins dans plusieurs pays d'Europe, d'Afrique et du Moyen orient.

L'agence Elite est l'une des plus connues au monde et a collectionné les grands noms des podiums, parmi lesquels Claudia Schiffer, Linda Evangelista, Naomi Campbell et Cindy Crawford.

Plus de 1,5 million d'internautes ont pris part au vote de la finale MissNet à Kiev. La lauréate, Natalia Gotsi, 17 ans et originaire de Kiev, a reçu environ 20% des suffrages, selon les organisateurs.

«Quel plébiscite!», se réjouit Walid Harfouch. «Il ne s'agit pas de l'avis d'une petite dizaine de personnes. Plus de 1,5 million de participants, vous imaginez cela! Et près de la moitié d'entre eux a voté depuis l'étranger», ajoute ce libanais de 30 ans installé en Ukraine.

Les internautes ne s'y sont d'ailleurs pas trompés. Natalia Gotsi a ces longues jambes et cette grâce slave qui laisse présager d'un avenir radieux. «C'est une belle fille. Elle personnifie bien la beauté ukrainienne», estime pour sa part Omar. «La deuxième lauréate n'est elle pas très grande. Elle n'aurait jamais été sélectionnée par un jury de professionnels de la mode. Mais justement, c'est ça le truc. Les gens ont un regard différent et leur choix doit l'emporter».

Aujourd'hui, le site des frères Harfouch (www.missnetworld.tv) ne présente encore que des photos de candidates. Mais d'ici peu, films et dialogues on-line seront disponibles, promettent-ils.

Samedi, la pop-star ukrainienne El-Kravtchouk a présidé, en maître de cérémonie, un spectacle d'une heure trente alternant défilés et chanteurs à la mode. Sans oublier les folkloriques cosaques ukrainiens et les choeurs de l'armée rouge version post-soviétique. La finale internationale de MissNet réunira à Paris les lauréates d'une quarantaine de pays. La gagnante recevra un contrat de 100 000 dollars. La deuxième 75 000 dollars et la troisième 25 000 dollars.

«Ces filles ne pourront peut-être pas monter sur des podiums de haute couture mais elles seront parfaites pour des photos de mode ou des publicités de shampoing, de maillots de bain et de chocolat», explique Omar. «Elles représentent un idéal populaire et non pas celui d'une certaine élite. Et pour nous, l'essentiel est de décrocher des contrats», conclut-il souriant.

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