(AFP) La crise d'Internet est «saine» et «ne porte pas préjudice aux marques», a déclaré mercredi le PDG d'Amazon.fr, Denis Terrien, après l'annonce faite à Seattle (États-Unis) par Amazon.com, numéro un mondial de la distribution par Internet, d'une réduction, plus grande que prévu, de ses pertes au premier trimestre 2001.
Dans le domaine notamment du e-commerce culturel, «il y avait énormément de gens qui ne délivraient pas de services de qualité aux clients. Ce qu'on peut voir aujourd'hui, c'est que cette crise ne porte pas préjudice aux marques», a dit M. Terrien à l'AFP.
«Aux États-Unis, le marché du livre en-ligne a décru de 25% ce trimestre mais les ventes d'Amazon sur ce même produit ont augmenté. Les sociétés sérieuses, efficaces, n'ont pas de problèmes» pour se développer, a-t-il dit.
Il a indiqué que sa société, lancée le 31 août dernier, «se portait très bien», sans fournir de chiffres sur son activité. «Nous sommes devenus le premier exportateur de produits culturels français», a-t-il assuré, se disant «confiant dans l'avenir».
Le chiffre d'affaires d'Amazon.com a augmenté de 22% à 700 millions de dollars (par rapport à la même période de l'exercice précédent) grâce notamment à une forte croissance des ventes à l'international (Allemagne, Grande-Bretagne, France, Japon). La compagnie compte désormais 32 millions de comptes clients, dont six millions hors des États-Unis.
Toutefois, selon M. Terrien, l'essor du commerce culturel en-ligne en France «ne se fait pas à la même vitesse qu'en Angleterre et en Allemagne», où l'évolution «va plus vite». «Il existe chez les consommateurs français une angoisse non raisonnée» portant notamment sur la sécurité des achats, selon lui.
Il a souligné la «complémentarité» entre le e-commerce culturel et la librairie traditionnelle: «80% des ventes d'une librairie se font sur les parutions des 18 derniers mois et 20% sur les ouvrages plus anciens. Or, chez Amazon, c'est l'inverse».
«Nous avons bien sûr vendu le dernier album d'Astérix (Astérix et Latraviata) mais pas en si grand nombre que cela. À l'occasion de la sortie de ce livre, nous avons surtout vendu de vieux albums d'Astérix. D'une manière générale, on vend surtout des ouvrages difficiles à trouver en librairie», selon lui.
Huit mois après son arrivée en France et l'ouverture de quatre boutiques (Livres, CD, DVD et vidéo), M. Terrien a annoncé le lancement, effectif dès ce mercredi, des boutiques «Logiciels» et «Jeux vidéo». «Ce lancement répond à une forte attente de nos clients. Le succès remporté par ces boutiques dans les autres pays européens montre à quel point cette offre est complémentaire de nos boutiques actuelles, notamment du livre», selon Amazon.fr.
© 2001 AFP