L'entreprise montréalaise ZAQ Solutions Interactives a profité de la première réunion annuelle de ses actionnaires ce matin pour annoncer deux nouvelles d'importance, dont un premier déploiement de ses jeux pour télévision interactive, en phase d'essai, aux États-Unis.
On se serait attendu à ce que ce soit la plateforme Scientific-Atlanta—PowerTV, présente en six millions d'exemplaires aux États-Unis, qui soit l'hôte de ce premier déploiement de ZAQ, étant donné les excellents liens tissés par celle-ci. Ce sera finalement le duo Motorola-Liberate qui ira de l'avant en testant les jeux de ZAQ auprès des clients d'un cablodistributeur américain qui refuse de s'identifier pour l'instant pour «des raisons commerciales».
En adaptant des versions de démonstration de son catalogue de jeux à la plateforme logicielle de Liberate Technologies, Liberate TV Platform, et au boîtier numérique (set-top box) DCT-2000 de Motorola, présent dans sept à huit millions de foyers américains, ZAQ fait du même coup une démonstration de ses capacités technologiques d'importance. Combinées, les plateformes Scientific-Atlanta—PowerTV et Motorola-Liberate sur lesquelles ZAQ a prouvé sa capacité à développer des applications occupent presque 100% du marché américain.
La période de tests techniques et de marché devrait durer environ trois mois selon le P.D.G. de ZAQ, Paul Allard. Ce n'est qu'après cette période que ZAQ pourra envisager tirer des revenus de l'expérience, si elle s'avère concluante.
ZAQ a également annoncé la création d'une nouvelle entreprise conjointe avec l'importante agence publicitaire française devarrieuxvillaret, l'une des dix plus importantes de France et filiale de Havas Advertising, le 6e plus important groupe de publicité au monde. Portant le nom très rémunérateur au Scrabble de «devarrieuxvillaret//zaq», la nouvelle entreprise aura pour mission de «commercialiser» en Europe la gamme d'outils de marketing direct multiplateforme (télé interactive, PC, sans-fil) dont ZAQ compte achever le développement vers la fin de l'été. Employant déjà quatre personnes en France, l'entreprise compte déjà sur deux importants clients en la SNCF et France Telecom. C'est d'ailleurs précisément pour avoir accès aux grands comptes de ce genre que ZAQ dit avoir choisi une grande agence.
L'heure du premier bilan public pour ZAQ
À l'occasion de sa première assemblée annuelle des actionnaires depuis son introduction sur les marchés boursiers en août dernier, ZAQ a dévoilé ses objectifs pour l'année 2001. L'entreprise compte renforcer sa présence sur le marché européen, implanter sa gamme d'outils de marketing direct, développer de nouvelles alliances et partenariats ainsi que déployer son offre de jeux chez au moins quatre opérateurs de réseaux en Amérique du Nord. «Il n'en reste plus que trois», a d'ailleurs commenté Paul Allard, faisant référence au déploiement annoncé ce matin. Le P.D.G. ne semble pas avoir d'opérateur précis en tête, si ce n'est
Rogers, détentrice de 9% des actions de ZAQ.
D'un point de vue financier, ZAQ n'est toujours pas rentable, mais a répété à ses actionnaires qu'elle compte le devenir d'ici 18 à 24 mois. À la fin de son exercice, le 31 décembre 2000, l'entreprise disposait de 10,7 millions$ en espèces et estime son déficit d'exploitation à environ 275 000$ par mois. Selon Paul Allard, l'entreprise dispose de suffisamment de fonds pour couvrir ses dépenses des 18 prochains mois.
Jean-François Codère
Les communiqués de ZAQ sur le déploiement de ses jeux aux États-Unis et la création d'une nouvelle entreprise conjointe