(AFP) Un jeune pirate informatique britannique a commandé du Viagra pour le millionnaire Bill Gates, après lui avoir piraté son numéro de carte bancaire, a révélé vendredi le procureur d'un tribunal du pays de Galles où le jeune homme est jugé.
Rathael Gray, 19 ans, dont le procès à Merthyr Tydfil, au sud du pays de Galles, a été ajourné vendredi pour une période indéterminée pour raisons médicales, est soupçonné d'avoir piraté et diffusé sur Internet les coordonnées bancaires de quelque 23 000 personnes.
Selon la partie civile, le jeune homme a notamment réussi à se procurer les coordonnées bancaires de Bill Gates, pour lequel il a commandé du Viagra, un médicament contre l'impuissance sexuelle, qui a été envoyé au domicile de l'ancien patron de Microsoft.
Analyste-programmeur de métier, le jeune homme a aussi reconnu avoir piraté les services informatiques de plusieurs compagnies britanniques, canadiennes et américaines en février 2000.
L'une d'elles a mis la clé sous la porte, l'autre a dû limiter ses activités et Visa International a déboursé environ 250 000 livres (580 000$ US) pour réparer les «fuites» bancaires organisées par Rathael Gray, a indiqué le procureur Gareth Davies.
Le pirate, qui a été arrêté au mois de mars par des agents du FBI, se voit comme «un saint du commerce en ligne», menant «une croisade» pour la mise à jour des failles de la sécurité sur l'internet, a déclaré M. Davies.
Pour sa défense, M. Gray a plaidé qu'aucune interdiction ne lui a été formulée quand il a réussi à accéder aux sites piratés.
Mais la partie civile a comparé cette défense à celle d'un cambrioleur qui reprocherait à sa victime d'avoir laissé sa fenêtre ouverte.
M. Gray accuse les compagnies travaillant avec l'internet de mettre en danger la sécurité de leurs clients en ne prenant pas les moyens de protéger les informations confidentielles qui leur ont été confiées.
«Si j'ai réussi à pénétrer votre site, cela veut dire que vous devriez passer un peu plus de temps à vous demander comment c'est possible», a-t-il lancé aux compagnies victimes de son indiscrétion.
© 2001 AFP