Une étude démontre que 80% des entreprises Internet de la région de San Francisco qui sont toujours en vie fermeront leurs portes d'ici un an. Ce seront les plus petites sociétés qui écoperont. La situation pourrait-elle se répéter dans d'autres endroits, comme Montréal, où de nombreuses entreprises de multimédia se sont implanteés?
Le cabinet d'études Rosen Consulting affirme que plus de 30 000 personnes s'ajouteront aux 22 000 employés des entreprises point.com qui ont perdu leur emploi au cours de l'année dernière. C'est plus de 30% de la main-d'œuvre du secteur qui aura fondu en deux ans.
Cependant, si 70% des employés du secteur Internet gardent leur emploi, ils survivront à l'intérieur du 20% d'entreprises qui passeront l'année. La tendance à la consolidation est donc bien enclenchée.
Ici au Québec, un taux d'élimination des entreprises avait d'ailleurs été pris en compte par le ministère des Finances lorsque est venu le temps de planifier les superficies devant être aménagées pour la Cité multimédia, ces espaces immobiliers construits pour accommoder des travailleurs en TI embauchés à grands renforts de subventions?
Bernard Landry, alors qu'il était ministre des Finances, nous avait même confié qu'un taux d'échec frisant les 50% n'aurait rien de surprenant, ajoutant toutefois que beaucoup plus que la moitié des emplois survivraient car c'étaient les très petites entreprises qui risquaient de couler.
Immobilier
En plus de libérer bien des travailleurs, les nombreuses faillites libèrent beaucoup d'espaces de bureau, des espaces que la ruée vers le Web avait rendus rare et cher dans la région de San Francisco.
En moins de 4 mois, le taux d'inoccupation des locaux de classe B, les espaces prisés par les entreprises Internet, est passé de 2,3% à 16,5% tandis que leur loyer moyen baissait de 24%.
Si le gouvernement s'attend à une situation semblable à San Francisco, faut-il deviner que le marché de l'immobilier commercial à Montréal souffrira comme celui de San Francisco?
«Ce n'est pas ce que nous observons, nous a expliqué M. Pierre-Luc Dumas, directeur général de la Cité Multimédia. Actuellement, plusieurs de nos locataires ajoutent de l'espace et consolident leur position dans la Cité. Les impératifs économiques actuels demandent aux entreprises d'atteindre la rentabilité plus rapidement. Les incitatifs fiscaux associés à l'installation de travailleurs dans la Cité peuvent aider certaines sociétés à combler des poches d'air dans leur fonds de roulement et ainsi rester en vie de façon profitable jusqu'à ce que leur développement soit consolidé."
M. Dumas ne cache cependant pas que certains locataires libèrent leurs bureaux hors-Cité pour rapatrier leurs employés dans les édifices qui permettent d'obtenir les incitatifs fiscaux promis. Le ralentissement du secteur contribuerait donc à ramollir le marché immobilier montréalais comme le craignait bon nombre de promoteurs (voir notre article).
Dominic Fugère
D'autres détails chez provenant du Wall Street Journal sont publiés chez MSNBC.com