(AFP) Après avoir installé sa marque à prix d'or, le groupe Liberty Surf, passé récemment dans le giron de l'Italien Tiscali, doit désormais se serrer la ceinture, pour atteindre au plus vite la rentabilité.
Fini les dépenses somptuaires en publicité et marketing et les acquisitions en cascade, l'heure est désormais à la rigueur pour être «rentable le plus vite possible», a martelé mercredi le nouveau P.D.G., Rafi Kouyoumdjian, qui vient de succéder au fondateur de l'entreprise, Pierre Besnainou.
Le nouveau patron a déclaré mercredi que l'objectif du fournisseur d'accès était d'être rentable fin 2001 au niveau de l'EBITDA (résultat avant impôts, intérêts, amortissements et dépréciations).
Liberty Surf, qui dispose de 250 millions d'euros de trésorerie au 31 décembre 2000, est «un succès industriel et marketing. Notre principale mission est de le transformer en un succès économique, en rationalisant nos dépenses marketing et nos investissements technologiques et en fédérant les activités de Tiscali en France», a-t-il déclaré lors d'un point presse.
«En France, environ 50 millions d'euros d'économies sont attendues en 2001», a-t-il précisé à l'AFP.
Avec 800 000 abonnés actifs revendiqués, soit une place de numéro 2 des fournisseurs d'accès en France, derrière Wanadoo, et de numéro 3 des portails, Liberty Surf, créé en 1999, se targue d'être «un succès industriel et marketing incontestable».
Reste désormais à en faire «un succès économique», reconnaît le nouveau patron de la filiale de Tiscali, qui prévoit d'atteindre un résultat brut d'exploitation positif fin 2001.
Pour y parvenir, Liberty Surf, qui emploie 430 salariés, entend «rationaliser ses dépenses marketing et ses investissements techniques en permettant des économies d'échelles», sans engager de «restructuration importante».
Habitué à une ambitieuse politique d'acquisition (Chez.com, nomade.fr, respublica.fr, toobo.com, etc..), Liberty Surf est désormais contraint de réduire ses ambitions. Le groupe assure toutefois bénéficier de suffisamment de trésorerie pour atteindre la rentabilité.
L'autre mission de Rafi Kouyoumdjian est aussi de fédérer les activités de Tiscali en France: le fournisseur d'accès World Online France, basé à Issy-les-Moulineaux (180 salariés) et l'opérateur A Telecom, installé à Marseille (120 salariés).
Selon le patron de Liberty Surf, «ce sont environ 50 millions d'euros d'économies qui seront réalisées en 2001, soit un peu moins que »les 80 millions d'euros de synergies« promises en janvier par Renato Soru, président de Tiscali.
Pas de cyber-grève chez World Online France
Alors que Liberty Surf n'a toujours pas bouclé le plan social du fournisseur d'accès Freesbee, absorbé en octobre 2000 (encore 30 personnes à reclasser), Rafi Kouyoumidjian est resté très évasif sur le sort de la filiale française de World Online.
Le sort réservé aux filiales belges et suisses de World Online aurait de quoi inquiéter les salariés français. En Suisse, où Tiscali et World Online présentaient des offres concurrentes, c'est l'ensemble de l'équipe, soit une soixantaine de salariés, qui a été licenciée.
En Belgique, les employés qui étaient menacés du même sort, ont organisé une cyber-grève, relayée sur le site même du fournisseur, qui a fait plier la direction.
En France, la filiale, qui s'enorgueillit de 200 000 abonnés actifs, ne s'estime pas autant menacée, même si la marque (WOF) pourrait disparaître. «Ici, on continue de travailler et on ne va pas crier au loup même si le personnel reste attentif», a confié à l'AFP Charles Pancaldi, secrétaire du Comité d'entreprise chez World Online France. En tout cas, «pas question de prendre en otage un site, pour faire valoir ses droits», assure-t-il.
En fait la direction de la filiale française, dont Bouygues et TF1 détiennent 35% du capital, n'a pas tranché. «Il ne s'est rien dit d'officiel et la direction est en pleine réflexion», a indiqué le représentant du personnel. Seule certitude, les salariés de World Online devraient prochainement rejoindre les locaux de Liberty Surf.
© 2000 AFP