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Les municipales françaises sur le Net: de grands plans, des réalisations timides

Canoë 
28/02/2001 17h29 

(AFP) Les prochaines élections municipales ont provoqué une éclosion de sites Internet liés à la vie politique, sans que les résultats soient toujours à la hauteur des ambitions.

Pour les visionnaires de la e-politique, l'Internet doit permettre un renouveau du débat citoyen, l'amélioration des possibilités d'expression directe des électeurs, ou encore la restauration d'un lien plus étroit entre électeurs et élus.

Deux sites (www.lacyberelection.com et www.e1789.com) ont été récemment lancés pour permettre aux internautes de déposer des propositions pour leur ville, et de les soumettre aux votes (virtuels) des cybercitoyens.

Les internautes peuvent «s'exprimer directement et confronter leurs idées» sur la gestion de leur ville, explique Antoine Brugidou, consultant chez Accenture (ex-Andersen consulting) et l'un des concepteurs de e1789.com.

Mais la difficulté est d'attirer un nombre suffisant d'internautes pour amorcer la pompe et susciter un débat riche et varié. A moins de deux semaines du premier tour, le pari n'est pas encore tenu pour les deux sites, sauf pour la ville de Paris.

www.e1789.com et www.lacyberelection.com ont au moins cette qualité d'être régulièrement mis à jour dans leur partie informative. Le cybercitoyen à la recherche de portails politiques trouvera en effet beaucoup d'exemples de sites mal actualisés et peu fiables.

«Fracture numérique»
Du côté des sites des candidats, le constat est également contrasté. En volume, la moisson de l'internaute est bonne, tant les sites font désormais partie de la panoplie du candidat en campagne, même dans les petites villes.

Mais une fois connecté, l'internaute découvre des sites au contenu souvent sommaire : un programme, quelques photos, souvent la mention «site en construction», et une interactivité faible ou nulle.

La création, et surtout l'entretien, d'un véritable site Internet coûte cher, et c'est plutôt dans les grandes villes que l'internaute trouvera des sites proposant une information complète et actualisée sur la campagne en cours.

À Paris, les candidats ont fait de gros efforts, prenant conscience «que quasiment un électeur sur deux est connecté à Internet», comme l'explique Hervé, l'un des animateurs du site du socialiste Bertrand Delanoë (salué comme l'un des meilleurs par les spécialistes).

Le site de Bertrand Delanoë revendiquait, à trois semaines du premier tour, 700 visites par jour, tandis que celui de son concurrent Philippe Séguin revendiquait un rythme légèrement supérieur, plus proche de 1. 000 visites par jour.

Le site de campagne de Charles Millon, à Lyon, revendiquait pour sa part au même moment 700 visites par semaine.

Les sites de candidats, même les plus performants, peinent toutefois eux aussi à devenir de véritables plates-formes de débat. Les forums de discussion (sécurité, environnement, urbanisme, etc.) mis en place restent désertés par les internautes.

En fait, constate un brin désabusée Florence Durand, responsable à l'association VECAM (Valeurs européennes et citoyennes sur les autoroutes de l'information et le multimédia), «Internet reste très élitiste».

«La fracture numérique, on est en plein dedans», soupire-t-elle. «Tant qu'on ne développera pas plus les points d'accès pour le grand public (par exemple les bornes Internet dans les immeubles), on n'avancera pas».

Copyright © 2000 AFP








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