Mise à jour Moins d'une semaine après avoir dévoilé un nouveau service en collaboration avec le Mouvement Desjardins, Clic.net annonce qu'elle reçoit un investissement de près de deux millions$ de la part de celui-ci. Groupe Topping, du nom du fondateur d'Informission, ajoute également à la cagnotte, d'une valeur combinée de 3,1 millions$.
«Cet argent sera investi principalement dans la recherche et développement et le marketing», a indiqué en entrevue Louis-Marius Gendreau, président de Clic.net. Des emplois, une dizaine au total, seront créés dans ces deux branches. Une emphase particulière devrait notamment être mise à l'«expansion des canaux» en France, aux États-Unis et au Canada anglais.
Investissement Desjardins injectera 1 950 000$ dans Clic.net, contre les 1 150 000$ recueillis auprès d'investisseurs privés par le Groupe Topping. Comme Clic.net est une entreprise privée qui se dit profitable depuis sa création en 1994, l'argent ne servira pas à étirer sa durée de vie mais bien à faciliter son expansion.
Ces deux investissements permettent également à Clic.net de gonfler son alignement de joueurs-étoiles dans le domaine de la finance. Les fondateurs d'Informission (aujourd'hui nurun), Jacques Topping et Réal Perron, l'avocat Jean Martel, membre entre autres des conseils d'administration de la Bourse de Toronto et de Copernic.com et Stéphan Morency, directeur chez Investissement Desjardins, siégeront notamment au conseil d'administration de l'entreprise.
Malgré tout, Clic.net n'entend pas presser le pas vers les marchés boursiers. «Ça demeure un plan, un objectif, mais pas avant 24 mois», selon Louis-Marius Gendreau, qui explique notamment cette décision par la faiblesse actuelle des marchés. On se souviendra qu'une première tentative de Clic.net de joindre les rangs boursiers via la prise de contrôle inversée de Minerais Bruneau avait échoué en juin 2000 (voir notre article).
L'agenda de Louis-Marius Gendreau semble correspondre avec celui d'Investissement Desjardins. «Avant d'amener l'entreprise sur les marchés publics, il faut faire la démonstration qu'elle est un leader dans son domaine, nous a confié Bernard Paradis, premier vice-président chez Investissement Desjardins. Dans le cas de Clic.net, on peut penser à un horizon d'environ deux, trois ou même quatre ans.» Toujours selon Bernard Paradis, Investissement Desjardins entend conserver sa participation pour une période de trois à sept ans, «le temps de mettre en place une structure de management et de créer des liquidités pour nous et tous les autres actionnaires.»
Même s'il refuse de dresser un portrait précis de la situation, Louis-Marius Gendreau assure que lui et ses associés demeurent les actionnaires de contrôle de l'entreprise après les mises de fonds d'Investissement Desjardins et Groupe Topping. «Ce n'est pas dans la politique d'Investissement Desjardins de prendre des participations majoritaires», explique-t-il.
Il s'agit d'ailleurs de la deuxième fois en moins d'une semaine que les noms de Clic.net et Desjardins se trouvent associés (voir notre article). Les deux événements ne sont pas étroitement associés toutefois, selon Louis-Marius Gendreau et Bernard Paradis. «Ce sont deux démarches distinctes, qui ont même été entreprises par deux "départements" distincts de l'entreprise, soutient le premier. C'est évident que les deux équipes se sont parlé, mais nous n'avons pas dit à Desjardins: "Vous devriez mettre de l'argent chez nous et nous allons nous occuper de votre projet". Il faut que ce soit clair, Desjardins ne vient pas d'acheter Clic.net pour servir ses besoins.»
«Au moment où nous avons été approchés, les discussions avec Desjardins pour la création d'une offre commune étaient déjà assez avancées, affirme pour sa part Bernard Paradis. Pour nous, ça n'a été qu'un réconfort de savoir qu'une autre branche du Mouvement leur faisait confiance.»
Jean-François Codère
Le communiqué de Clic.net
Le projet conjoint de solutions en commerce électronique de Clic.net et Desjardins