(AFP) Dès les premières minutes de l'audience lundi à Washington, le groupe Microsoft a été malmené par les sept juges de la Cour d'appel fédérale qui devra au final infirmer ou confirmer le jugement de démantèlement du groupe de logiciels.
Pendant les 75 minutes qui lui était imparties, Richard Urowsky, avocat de Microsoft, s'est évertué à démontrer que son client n'avait pas tenté de maintenir un monopole sur le marché des systèmes d'exploitation, en usant de pratiques agressives et anticompétitives.
Avocat ébranlé
Si l'exposé de Microsoft présentait peu de nouveautés par rapport à l'argumentaire écrit déposé précédemment, la surprise est venue de l'attitude des juges.
L'un après l'autre et parfois à feux croisés, ils ont assailli l'avocat de questions. À plusieurs reprises, le représentant légal de Microsoft est resté silencieux derrière sa barbe poivre et sel, ébranlé par ces attaques multiples, parfois inattendues, de juges dont certains sont pourtant connus comme plutôt favorables à Microsoft.
Si la Cour semblait détendue et parfois même d'humeur badine, les sept juges menés par leur président Harry Edwards semblaient tous très conscients de leur rôle et très au fait des développements d'un dossier pourtant très technique.
«Il n'y a eu aucune conduite anticompétitive», a estimé Richard Urowsky, car jamais l'intégration du fureteur Internet Explorer au logiciel Windows n'a empêché les utilisateurs de choisir un autre système d'exploitation ou un autre procédé d'accès à l'Internet.
Le DOJ se fait aussi brasser
Après une pause de dix minutes, Jeffrey Minear, l'avocat du gouvernement, a pris la parole à son tour. Deuxième surprise de la matinée, il n'a pas été moins épargné par les questions incisives des juges.
Le juge Edwards ne trouve notamment pas convaincante la thèse du gouvernement américain selon laquelle une alliance entre Netscape et Sun Microsystems, et son langage Java, aurait constitué une menace pour le système d'exploitation de Microsoft, poussant alors le groupe de Bill Gates à tenter d'éliminer la concurrence sur les logiciels de système d'exploitation.
«Netscape ne menaçait pas de devenir un substitut au système d'exploitation Windows, il n'a ni l'intérêt, ni la capacité de le faire», a estimé le président de la Cour d'appel.
Au cours de la seconde partie de la séance lundi, Microsoft doit tenter de démontrer que le couplage de son système d'exploitation Windows avec son navigateur Internet Explorer (IE) n'avait rien d'illégal, l'intégration des deux produits offrant selon lui un meilleur service à l'utilisateur. Le gouvernement pour sa part devait chercher à montrer que les deux produits pouvaient et devaient être vendus séparément.
Les audiences en appel du procès Microsoft ont débuté lundi à Washington et doivent se terminer mardi en fin de journée.
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