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Le réseau de ch@t Undernet résiste à de lourdes attaques

Canoë 
31/01/2001 17h27 

L'année a bien mal commencé pour le réseau de cyberbavardage Undernet. En effet, le très populaire réseau d'IRC (Internet Relay Ch@t) a été la cible, ces dernières semaines, d'attaques de cybervandales qui ont compromis la poursuite des activités d'Undernet.

Cette situation expose une fois de plus toute la fragilité d'Internet. Ce genre d'attaques pourrait d'ailleurs devenir chose courante si des dispositifs ne sont pas mis en place pour mettre fin à ces activités illégales.

Fondé en 1993, le réseau Undernet compte aujourd'hui plus de 45 serveurs répartis dans près de 35 pays. Plus de 100 000 internautes se branchent à chaque semaine sur cette communauté virtuelle qui est devenue au fil des ans le lieu de discussion en temps réel le plus fréquenté de par le monde. Il importe de préciser que le réseau Undernet est un service à but non lucratif reposant sur le travail de bénévoles et sur la générosité de fournisseurs privés ou publics qui acceptent d'héberger les serveurs.

Au cours des dernières semaines, ces serveurs ont été victimes d'attaques vicieuses de type Denial of Service (DdoS; voir notre article à ce sujet). Mentionnons que le pirate montréalais «Mafiaboy» a utilisé ce modus operandi pour rendre inaccessibles notamment les sites Yahoo!, CNN.com et Amazon.com l'an dernier (voir notre article).

Ces attaques nuisent aux autres opérations des fournisseurs qui hébergent les serveurs d'Undernet. Plusieurs de ces fournisseurs ont tout simplement décidé de ne plus héberger de serveurs du réseau, ce qui explique la grande congestion qu'a connu Undernet ces dernières semaines. Il était difficile de s'y connecter et plusieurs serveurs ne répondaient plus.

Au Québec, où le cyberbavardage demeure très populaire, les internautes qui fréquentent Undernet ont dû s'armer de patience. «C'est très long avant de se connecter au réseau et souvent nous perdons la connexion. C'est une situation très frustrante», nous a confié une opératrice du canal #troisrivieres25+. De plus, certains usagers auraient simplement décidé de changer de réseau au profit d'autres comme le réseau DALnet. Mais ce dernier a subi lui aussi de nombreuses attaques par le passé et ses responsables travaillent avec le Federal Bureau of Investigation (FBI) américain pour identifier les coupables.

Aux dires d'un des administrateurs d'Undernet, la situation est revenue sensiblement à la normale. Au total, le réseau a perdu de quatre à cinq serveurs et les services de maintenance des canaux ne sont plus fonctionnels. Un des grands avantages du réseau Undernet résidait dans la possibilité d'enregistrer des canaux et de les gérer grâce à des robots portant les noms de X et de W. Le site d'Undernet indique que ces robots ne seront pas de retour et une nouvelle infrastructure de contrôle du réseau et des canaux sera implantée dans un proche avenir.

Toujours selon ce qu'on peut lire sur le site, le personnel d'Undernet travaille depuis près d'un an à rendre le réseau moins vulnérable aux attaques de cybervandales. Les événements des dernières semaines ne sont pas nouveaux même si les attaques n'avaient jamais atteint une telle ampleur. Selon des informations difficiles à vérifier, un jeune Roumain serait à l'origine de ces attaques. Il demeure cependant impossible de dire à l'heure actuelle si des poursuites seront intentées, car la Roumanie n'est pas reconnue comme un pays très avancé dans la lutte contre le piratage informatique et les autres crimes liés à Internet.

Chose certaine, les administrateurs d'Undernet n'entendent pas baisser les bras devant ce qu'ils considèrent comme du «terrorisme». Il ne reste à souhaiter qu'un mouvement de concertation se dessine pour contrer ce genre de délits qui se multiplient à une échelle inquiétante. Même le géant Microsoft semble désemparé devant ce type d'attaques, rapportions-nous récemment.

Sébastien Lepage








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