(AFP/MM) En France, près d'un salarié de start-up sur deux (49%) se dit favorable à la présence d'une organisation syndicale dans leur entreprise, selon un sondage L'Expansion/Opinion-way à paraître demain dans le bimensuel L'Expansion.
Selon le sondage, les salariés sont en revanche seulement 8% à faire confiance aux syndicats pour défendre leurs droits, contre 27% qui estiment que la direction de leur entreprise peut le faire.
En fait, 58% des personnes interrogées sont dans l'incapacité de préciser de quelle organisation syndicale ils souhaiteraient la présence sur leur lieu de travail, un chiffre qui souligne, selon un syndicaliste interrogé par le magazine, Bernard Thibault (CGT), «l'étendue du désert syndical dans la nouvelle économie».
«Lorsque ce chiffre (58%) aura diminué de moitié, il sera possible de faire prendre conscience de la valeur des syndicats à l'autre moitié», a-t-il ajouté.
Plus généralement, les salariés des entreprises Internet françaises considèrent que leurs conditions de travail sont satisfaisantes (58%), voire excellentes (33%).
Ils restent cependant vigilants sur leurs conditions de travail: 58% sont ainsi favorables à l'adoption des 35 heures hebdomadaires et près des deux tiers (67%) ne sont pas prêts à accepter des salaires plus bas en échange de stock-options.
Pour Nicole Notat, secrétaire générale de la centrale syndicale CFDT, ce sondage révèle que l'«opposition artificielle entre l'attachement au métier et l'attachement aux droits ne peut pas durer». Quant à Marc Blondel, secrétaire général de Force Ouvrière, lui-aussi interrogé par L'Expansion, il se déclare agréablement surpris par le fait «que près d'un salarié de start-up sur deux soit favorable à une présence syndicale» alors qu'«on leur a tellement répété que le syndicalisme était incompatible avec la modernité».
Cette étude quantitative a été réalisée par téléphone du 29 décembre 2000 au 3 janvier 2001 auprès d'un échantillon de 306 personnes, représentatif de la population des salariés de start-up en France.
Et aux États-Unis?
Les travailleurs de la «nouvelle économie» américaine sont peu syndiqués. Les tentatives chez etown.com et Amazon.com n'ont pas donné de résultats significatifs, rapportions-nous récemment. Mais à l'heure où des entreprises «.com» subissent de plein fouet le ralentissement de l'économie américaine et l'impact de la crise boursière du printemps 2000, la grogne contre les patrons monte.
Depuis le début de l'année, les médias américains révèlent des «histoires d'horreur» sur les privilégiés des entreprises Internet confrontés au chômage. Le Washington Post rapporte aujourd'hui les protestations d'ex-salariés américains d'Etensity, qui offre des solutions de commerce électronique. Ces employés habitués aux vacances exotiques, à des services personnels de conciergerie et même à des voitures sports en bonus doivent désormais se battre en justice pour obtenir une indemnité de départ de quelques milliers de dollars, relate le Post.
Le cybermédia Salon, pour sa part, collectionne depuis une semaine les anecdotes sur les licenciements dans les «.com»: meetings désastreux, annonce des licenciements par un coup de téléphone inattendu, salariés en vacances qui apprennent à leur retour que leur poste a été aboli, ou quand l'assistante du P.D.G. alerte tous les salariés figurant sur une liste de licenciements avant même que le P.D.G. ne reçoive ladite liste... Sans oublier les rumeurs de mises à pied, qui font plus de mal que les licenciements eux-mêmes.
Multimédium et l'
Notre dernier article sur la syndicalisation des entreprises Internet aux États-Unis