(AFP) Le monde de la banque doit faire preuve d'«une vigilance accrue» face au développement sur Internet des services bancaires et financiers, malgré les atouts du réseau en terme de réduction des coûts et d'offre de services, a estimé hier le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet.
«Internet fait courir des risques nouveaux à la communauté bancaire; cela nécessite une vigilance accrue de la part des superviseurs et une adaptation de leurs outils de surveillance», a-t-il déclaré lors de la présentation d'un livre blanc intitulé Internet, quelles conséquences prudentielles?.
M. Trichet a précisé que le risque peut être «stratégique» du fait de l'ampleur et du rythme des investissements nécessaires et «opérationnel», notamment au niveau de l'organisation et de la mise en oeuvre des procédures de contrôle interne.
«Les dirigeants doivent dès lors être pleinement conscients de l'impact des stratégies retenues sur l'organisation et les résultats de leur maison», a-t-il ajouté.
M. Trichet a souligné qu'un des avantages d'Internet était d'entraîner une «réduction substantielle des coûts» et de proposer une offre bancaire «mieux adaptée au profil de la clientèle et à ses attentes. (...) Aussi, la banque en ligne permet-elle d'atteindre de nouveaux segments de clientèle».
«À terme, Internet devrait accroître la productivité», selon le gouverneur de la Banque de France.
Malgré tout, les banques électroniques (présentes exclusivement sur Internet) ont, pour l'heure, des difficultés à percer et à se constituer une clientèle.
Ces banques ont «certes accru leur poids relatif mais les établissements traditionnels conservent plus de 90% des parts de marché et privilégient à l'évidence une approche multicanal [sic] centrée sur le client», a-t-il précisé.
«Internet devient un mode d'accès et de distribution parmi d'autres, à côté du réseau d'agences, davantage perçu comme un facteur d'amélioration du service rendu», a dit M. Trichet.
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