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Les Québécois, occupés à communiquer sur le Net, n'aiment pas le cybercommerce

Canoë 
26/01/2001 17h27 

Plus de 45% des Québécois de plus de 18 ans utilisent Internet, essentiellement à des fins de communication, révèle le plus important portrait sociodémographique de l'internaute québécois (25 122 répondants), rendu public aujourd'hui à Montréal.

Mené de janvier à décembre 2000 par le Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO) et Léger Marketing, qui ont interrogé environ 500 adultes par semaine au téléphone, ce sondage d'envergure permet de suivre l'évolution de l'utilisation d'Internet au Québec au cours de la précédente année.

Au cours de ces 12 mois, le pourcentage d'internautes a progressé de 34% de la population québécoise en janvier à 45% en décembre.

Parmi les faits saillants…

  • «Expédier ou recevoir des messages en général» (par courriel, dans un forum, chat, etc.) demeure l'activité la plus «utile» sur le Net, affirment 37,5% des répondants.
  • Viennent ensuite la recherche d'information «à des fins personnelles» (30,7%), la recherche d'information pour le travail (22%), choisir ou acheter un produit ou un service (9,8%), lire les actualités sur le Web (6%) et gérer ses finances personnelles (4,8%).
  • Près de la moitié des internautes québécois (47%) visitent surtout des sites Web en français.
  • Les deux tiers (68%) des internautes qui ont des enfants affirment que ces derniers utilisent Internet dans le cadre de leurs travaux scolaires.
  • Au mois d'avril 2000, seulement 14% des Québécois ont transmis ou voulaient transmettre leur rapport d'impôt par Internet.
  • En août 2000, près du tiers (31%) des internautes québécois avait fait installer une connexion Internet à haute vitesse à domicile.
  • Près du quart des Québécois (24%) affirment avoir déjà utilisé Internet pour se renseigner sur un problème de santé.
  • Le commerce électronique toujours marginal

    Au cours d'une semaine type, seulement 4% des internautes québécois ont acheté un produit ou un service en ligne. Malgré une hausse marquée en novembre-décembre (Fêtes oblige), «il n'y a pas eu de croissance significative des ventes en ligne au cours de la dernière année», a déclaré ce matin Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique du CEFRIO. Le courriel, «l'aspect communicationnel» d'Internet, l'emporte de loin sur les autres usages du Net, insistait M. Lacroix.

    Le sondage souffre d'une faiblesse méthodologique: la question récurrente (c'est-à-dire posée chaque mois à tous les répondants) «Cette semaine, avez-vous procédé à un achat quelconque sur Internet?» Le vice-président de Léger Marketing, Michel Lemieux, n'a pu affirmer avec certitude que les répondants ont songé à tous les types d'achats (biens et services, y compris le téléchargement de logiciels payants et les transactions financières en ligne). «On pense que les gens n'incluaient pas les transactions bancaires», a confié ce matin en conférence de presse M. Lemieux.

    En revanche, les questions ad hoc du sondage (différentes chaque mois) révèlent que près du quart des internautes québécois (23%) effectuaient régulièrement des transactions bancaires en ligne en 2000. En novembre 2000, moins d'un internaute québécois sur six (15%) prévoyait faire un achat de Noël sur Internet, mais 26% des internautes ont déjà acheté en 2000 un produit en magasin à propos duquel ils s'étaient d'abord renseignés sur le Net.

    L'avenir du commerce électronique appartient aux entreprises traditionnelles, croit Michel Lemieux: «D'après Media Metrix la semaine dernière, [le grand magasin] Sears est devenu le site transactionnel le plus fréquenté au Québec. Je trouve ça typique. Une entreprise qui a pignon sur rue sécurise beaucoup les consommateurs.»

    Vers des e-municipalités?

    Information inédite, près de la moitié des adultes québécois (44%) ont déclaré aux sondeurs que leur municipalité devrait offrir au moins un service municipal en ligne. «Les répondants étaient d'ailleurs capables de nommer le service que leur municipalité devrait offrir», a souligné Éric Lacroix du CEFRIO.

    Sans surprise, l'usage d'Internet au Québec demeure fortement déterminé par la scolarité (universitaire), le revenu (les ménages déclarant 60 000$ annuels et plus), le sexe (les femmes ont encore une pente à remonter), l'âge (les 18-24 ans prédominent) et la localité (les internautes se concentrent dans les régions métropolitaines de Montréal et de Québec). Cependant, les auteurs du sondage affirment que «les écarts tendent à s'estomper».

    Le ministre déléguée à l'Autoroute de l'information du Québec, David Cliche, a déclaré aujourd'hui à l'occasion du dévoilement de l'enquête que le programme gouvernemental «Brancher les familles sur Internet» serait responsable de la moitié de la croissance du taux de branchement des familles en 2000 (voir notre article).

    L'enquête CEFRIO-Léger Marketing, qui fera probablement date, se poursuivra toute l'année 2001. Les résultats mensuels seront affichés sur le site L'infomètre du CEFRIO.

    Jean-Sébastien Marsan

     Détails dans le communiqué et dans le résumé de l'enquête (format PDF)
     Dans nos archives sur le CEFRIO, vous trouverez les résultats d'une enquête sur l'appropriation des technologies de l'information par les entreprises ainsi qu'une entrevue avec la P.D.G. de l'organisme, Monique Charbonneau








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