(AFP) L'équipementier suédois Ericsson a annoncé qu'il allait sous-traiter la fabrication de ses téléphones portables, activité ayant enregistré l'an dernier un déficit d'exploitation de 16,2 milliards de couronnes suédoises (2,5 milliards$ CA), en publiant aujourd'hui ses résultats 2000.
«Nous avons décidé d'entièrement sous-traiter la production de nos téléphones mobiles» à Flextronics AB à partir du 1er avril, a indiqué dans un communiqué le P.D.G. du groupe Kurt Hellstroëm, en annonçant parallèlement un plan de restructuration devant permettre des économies d'échelle de l'ordre de 15 milliards de couronnes (2,3 milliards$ CA) par an d'ici à 2003.
Si le chiffre d'affaires du dernier exercice a progressé de 27%, à 273,6 milliards de couronnes (42,75 milliards$ CA), les ventes de téléphones mobiles ont reculé de 17% au cours du seul quatrième trimestre en raison d'une concurrence accrue sur les prix par ses concurrents finlandais Nokia et américain Motorola, et d'une pénurie fortuite de composants, a indiqué le groupe suédois.
La décision confirme des informations selon lesquelles Ericsson était en train de perdre des parts de marché dans la téléphonie mobile. Dans une récente livraison, la lettre d'information spécialisée 3G Mobile avait estimé que d'ici à 2004, Nokia aurait 40% du marché mondial des téléphones portables contre 30% actuellement, alors que Ericsson n'en aurait plus que 9% contre 11%.
Ericsson a indiqué que le groupe allait désormais entièrement se consacrer aux infrastructures et aux équipements après avoir décidé de sous-traiter la totalité de son activité téléphones portables en Malaisie, au Brésil, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Suède.
Ce secteur, dans lequel le groupe suédois est le numéro un mondial, a enregistré l'an dernier un résultat d'exploitation de 33,1 milliards de couronnes (5,1 milliards$ CA), en hausse de 17% par rapport à 1999.
«Nous sommes le premier fournisseur mondial d'infrastructures téléphoniques de deuxième génération (2G) et de réseaux d'accès à Internet mobile (3G)», a rappelé Kurt Hellstroëm. «Nous devons répondre à la forte demande en produits 3G qui, en seulement trois ans, devraient atteindre les niveaux atteints en dix ans pour les produits 2G», a-t-il souligné.
Ericsson a notamment décroché un contrat de 1,6 milliards d'euros (2,2 milliards$ CA) avec l'opérateur de téléphonie allemand MobilCom (11 millions d'abonnés) qui a choisi le groupe suédois comme principal équipementier pour son futur réseau UMTS.
En 2000, Ericsson a décroché 22 des 33 contrats signés dans le monde pour la livraison aux opérateurs de téléphonie mobile de réseaux 3G à la nouvelle norme UMTS. «Mais tout le monde sait qu'il n'y a pas de marges dans l'UMTS», a estimé récemment un analyste de la banque suédoise Handelsbanken Lars Soederfjell.
© 2001 AFP