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Il y a un an, l'industrie du cinéma portait à son tour sa cause devant les tribunaux

Canoë 
29/12/2000 17h24 

Il y a un an, alors que tous n'avaient d'yeux que pour le bogue de l'an 2000, l'industrie américaine du cinéma profitait de l'attention détournée des médias pour déposer en douce une poursuite contre 71 individus et/ou sites Web ayant participé à la propagation d'un logiciel permettant la copie de films sur support DVD.

Un an plus tard, les choses ont bien peu progressé et on attend toujours un premier verdict de la Cour supérieure de Californie devant laquelle cette poursuite avait été déposée. En revanche, une poursuite du même genre intentée de l'autre côté du continent, dans l'État de New York, a connu des rebondissements.

Les deux poursuites ne visent pas directement les créateurs du logiciel DeCSS, que l'on croit être de jeunes Scandinaves, mais plutôt des sites Web. Ces derniers ont offert le logiciel en téléchargement, soit directement, soit en pointant vers un autre site. Parmi la liste des accusés figuraient à l'époque le réputé webillard Slashdot ainsi que le site du magazine américain sur le piratage informatique 2600. Le patron de 2600 (qui utilise le pseudonyme d'Emmanuel Goldstein) et son magazine ont d'ailleurs été, depuis le dépôt des accusations, à l'avant-plan des protestations.

Le 17 août, le verdict est tombé à New York: le juge Louis A. Kaplan demandait aux accusés de retirer immédiatement tout lien permettant d'avoir accès à DeCSS. La communauté n'a pas tardé à réagir à cette décision. Le site de 2600, par exemple, indique encore à ses visiteurs désireux de mettre la main sur le logiciel qu'ils n'ont qu'à effectuer une recherche avec l'outil de Disney (Go.com) en utilisant le mot clé «DeCSS». Ce qui suggèrera des milliers de liens pertinents, chose que ne peut maintenant plus se permettre 2600.

On a également créé un petit script très simple, également baptisé «DeCSS», et qui permet d'éliminer les feuilles de style (CSS) dans des documents HTML. De peu d'utilité, ce logiciel sert avant tout à polluer les moteurs de recherche traditionnels, rendant le véritable DeCSS plus difficile à trouver pour les employés de l'industrie du cinéma chargés d'en répertorier des copies. Le code source de DeCSS, lui aussi frappé d'un interdit, avait par ailleurs symboliquement été imprimé sur des T-shirts mis en vente via Internet.

Utilisé seul, DeCSS est passablement innocent, puisqu'il ne permet que de faire migrer le film contenu sur un disque DVD vers le disque dur d'un ordinateur. Les différentes options supplémentaires contenues dans la plupart des DVD ne sont pas touchées et le fichier ainsi créé est gigantesque, de sorte qu'il est difficile de l'échanger.

Parallèlement, l'année 2000 a également été celle de l'émergence d'un nouveau format de compression vidéo, le DivX ;-). Tout en conservant une qualité visuelle et sonore plus qu'acceptable, les fichiers DivX ;-) sont beaucoup plus légers que les originaux (même si film complet occupe encore environ 500 Mo d'espace disque) et peuvent donc être échangés et entreposés plus facilement. Le phénomène pourrait prendre encore davantage d'importance lorsque sera popularisée la prochaine version de DivX ;-), baptisée simplement DivX ;-) deux, et le tout nouveau format 3ivx, d'abord conçu pour le Macintosh et maintenant disponible sur Windows.

Jean-François Codère

Retracez les principaux événements entourant la saga DeCSS dans nos archives ou celles de Slashdot
La décision du juge Kaplan concernant DeCSS (en format PDF)








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