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Le gouvernement chinois s'arme contre la dissidence par Internet

Canoë 
29/12/2000 17h24 

(AFP/MM) Le parlement chinois a adopté une réglementation destinée à combattre l'utilisation d'Internet à des fins «criminelles», visant plus particulièrement la dissidence politique sur la Toile, a rapporté vendredi le Quotidien du Peuple.

Dans une décision votée jeudi, le comité permanent de l'Assemblée Nationale Populaire (ANP) a établi une liste d'activités «criminelles», telles que l'infiltration de sites relevant des affaires de l'État, de la défense ou des technologies de pointe, ou encore la diffusion de virus informatiques.

«Utiliser Internet pour propager des rumeurs, diffamer ou transmettre des informations nuisibles, inciter au renversement du pouvoir d'État ou du système socialiste ou à la division du pays» constituent désormais des crimes contre la sécurité de l'État et la stabilité sociale, ont décidé les députés cités par l'organe du Parti Communiste Chinois (PCC).

La fuite «de secrets d'État, d'informations d'État et de secrets militaires» est également visée par la réglementation.

Dans une allusion transparente à la secte interdite Falungong qui défie le régime depuis près de deux ans, la réglementation s'en prend aussi à l'utilisation de Internet à des fins de promotion ou d'organisation «de sectes religieuses».

Une première victime de la loi?

Le gouvernement chinois voudra certainement jeter un oeil du côté du premier site Web consacré à la pensée Mao Tsé-toung, ouvert en Chine à l'occasion du 107e anniversaire de la naissance du fondateur de la Chine communiste et qui sert déjà de défouloir aux victimes des réformes économiques entreprises par ses successeurs.

Le premier clic du site www.mzdthought.com a été donné par Mao Xinyun, petit-fils du Grand Timonier, le 26 décembre, date de naissance de Mao. M. Xinyun, 30 ans, est également président honoraire du site qui propose articles et commentaires sur l'oeuvre et la vie de son grand-père, décédé en 1976 après 27 ans d'un règne de fer à la tête de l'Empire du Milieu.

«La pensée Mao Tsé-toung incarne le meilleur de la culture chinoise et cristallise la sagesse collective du Parti Communiste Chinois (PCC)», affirment les auteurs du site dans leur page d'accueil.

Le site offre aussi un forum de discussion très prisé par les nostalgiques du maoïsme, qui n'hésitent pas à critiquer les réformes économiques entreprises par les successeurs de Mao depuis la fin des années 1970.

«Les travailleurs ne sont plus les maîtres du pays», s'insurge Li Jingwen, un handicapé âgé de 41 ans, qui dénonce pêle-mêle la corruption, le culte de l'argent, la criminalité, la drogue et la prostitution comme autant de phénomènes résultant de l'abandon des valeurs maoïstes.

«Les cadres n'ont que le socialisme à la bouche, mais c'est le capitalisme qui les fait marcher», accuse M. Li, qui affirme être tombé au bas de l'échelle sociale par la faute des réformes. «Les oppresseurs sont protégés par la loi», affirme-t-il.

En octobre, le ministère des Industries de l'Information avait déjà publié une série de règles à l'intention des fournisseurs de contenu sur Internet. Ces derniers doivent désormais expurger eux-mêmes leurs sites de tout élément «subversif». La popularité d'Internet croît de façon exponentielle en Chine. Le nombre d'internautes a ainsi doublé au cours des huit premiers mois de l'année à 16,9 millions, selon des chiffres officiels.

Copyright © 2000 AFP et Multimédium








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