NetZero, l'instigateur de l'accès Internet financé par la publicité, poursuit Juno Online pour avoir violé son brevet.
Le bureau américain des brevets et des marques de commerce a accordé à NetZero un brevet sur le concept de fenêtre de publicité incrustée (pop-up) permettant de financer l'accès Internet.
La plupart des fournisseurs d'accès Internet (FAI) gratuit utilisent une telle technologie comme pierre d'assise de leur modèle d'affaires: Spinway (récemment rachetée par KMart), 3Web Technologies (dont les services sont revendus par Postes Canada et Branchez-Vous!) ainsi que feu 1stUp, le plus important de ces FAI gratuits.
En juin dernier, Juno avait déjà poursuivi NetZero (ainsi que Qualcomm, l'éditeur du logiciel de courriel Eudora) en clamant qu'elle détenait un brevet sur une technologie publicitaire. Il s'agit de servir des publicités aux internautes alors qu'ils ne sont pas en ligne en stockant le matériel publicitaire sur leurs disques durs.
Ces poursuites relancent le débat sur les brevets logiciels et sur le Web. Une idée peut-elle devenir trop évidente pour être brevetée? Voilà le noeud que les bureaux de brevets du monde entier doivent dénouer. En accordant à Amazon.com un brevet sur l'achat à un clic de souris grâce aux fichiers-témoins ou à Priceline.com le principe des enchères inversées, le bureau américain des brevets et des marques de commerce a ouvert une boîte de Pandore (voir notre article sur les brevets logiciels).
Avec les prix à la baisse de leurs actions, NetZero et Juno cherchent des revenus à tout prix. Un octroi de la part d'un tribunal leur permettrait de renflouer leurs coffres un tant soit peu.
De toute façon, l'accès au Net gratuit est loin d'avoir fait ses preuves comme le démontre les déboires de plusieurs des acteurs du domaine (voir notre article). Comme le disait un certain «slewis», un des usagers du webillard Slashdot : «Quiconque utilise des bandeaux publicitaires incrustés mérite d'être poursuivi. L'utilisation des bandeaux-suprise dans un dessein publicitaire est une violation flagrante des droits fondamentaux de la personne.»
Dominic Fugère
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