INCONTOURNABLES

Défi J’arrête, j’y gagne !
Soumission belairdirect
PUB

Bulletin Techno

Apprenez les nouvelles dès qu'elles se produisent..


Adresse électronique :

Tous nos bulletins

Membres Canoe.ca


Prix Boomerangs: le gala des vendeurs de «contenu» et de bannières publicitaires

Canoë 
30/11/2000 17h22 

Le sixième gala annuel des Prix Boomerangs, qui récompense les professionnels du multimédia québécois, s'est déroulé rondement mais sans éclat hier soir au Spectrum de Montréal. Coupe transversale dans une industrie tricotée serrée.

«L'équilibre atteint cette année se traduit par le fait qu'aucune agence n'a réellement dominé la compétition», indique le communiqué des Prix Boomerangs. Dans le domaine de la pub et du marketing, par exemple, Publicis et Cossette Interactif (Groupe Cossette Communications), incontournables, côtoient les plus petites entreprises comme Diesel dans la liste des gagnants des catégories sites promotionnels, CD-ROM corporatif, relations publiques et publicité interactive.

En revanche, de gros joueurs pesaient de tout leur poids dans certaines catégories. Quebecor, avec son portail Canoë, a remporté le prix du meilleur portail généraliste et celui du meilleur site financier. BCE Média a gagné le prix de la «production multivisuelle» de l'année; filiale de BCE, Bell a été nommée meilleur annonceur de l'année sur Internet et récipiendaire du prix spécial décerné par le Bureau de la Publicité sur Internet au Québec. Les responsables des nouveaux médias chez Radio-Canada ont été honorés pour leur site Web sur les Jeux Olympiques de Sydney et pour la Zone jeunesse de la société d'État. Ces trois géants étaient aussi finalistes dans plusieurs catégories.

La concentration du marché multimédia québécois sautait aux yeux avec la catégorie «Portail généraliste», où les quatre finalistes étaient... les quatre principaux portails de la Belle province: Canoë (Quebecor), InfiniT.com (Netgraphe, récemment passé dans l'écurie de Quebecor), Sympatico (Sympatico-Lycos, contrôlé par Bell) et Branchez-Vous! (Invention Media, le seul indépendant).

Parlant de concentration, jouons franc jeu: Multimédium est édité par une division de Netgraphe, compagnie contrôlée par Quebecor. Hier soir, les tentacules de ces deux groupes de communications étaient citées à sept reprises parmi les finalistes! De plus, l'auteur de ces lignes doit rendre quotidiennement des comptes à son directeur de l'information, André Bélanger, nul autre que le claviériste-chanteur et symbole quasi-sexuel de l'orchestre de service aux Prix Boomerangs, le MultiMédia Blues Band (qui a livré une excellente prestation, soit dit en toute objectivité).

Incongruités

Les Prix Boomerangs illustrent très mal la diversité du multimédia québécois et de la communication sur le Net. On y retrouve surtout des producteurs multimédia et des concepteurs de sites Web corporatifs, des gestionnaires en cravate et des professionnels du marketing; pour caricaturer, des vendeurs de «contenus» et de bannières publicitaires.

Personne ne représentait les répertoires de sites Web, les canaux de ch@t ou des hébergeurs de pages personnelles; nul porte-parole de la lucrative industrie de la pornographie et de l'érotisme, ni des agences de rencontres sur le Web; absence remarquée des geeks aux cheveux verts spécialistes de l'échange de fichiers musicaux, des jeux underground ou du militantisme techno.

Certaines catégories comparaient des pommes avec des oranges. Le potineur artistique Showbizz.net (35 employés) a remporté pour une deuxième année consécutive le prix du «site Internet webzine» avec une concurrence limitée à Jouez! (encore Invention Media), Le Matinternet (cyberquotidien recyclant platement des nouvelles diffusées par la radio CKAC) et Montréal à Donf, le plus original de tous malgré ses investissements financiers frôlant le zéro. En fait, le Web québécois regorge de webzines, mais ils n'ont pas daigné (ou pas voulu) s'inscrire aux Prix Boomerangs et payer les 115$ nécessaires.

Le summum du grotesque a été atteint dans la catégorie «Cybercommerce site transactionnel», les deux sites finalistes étant deux réalisations de la même firme, Clic.net! Une erreur d'aiguillage, semble-t-il. Dans un Spectrum bondé, des rires ont fusé, rare manifestation de spontanéité au cours de cette soirée de gala à la formule ultra-éculée, réglée au quart de tour comme une cérémonie des Oscars, le clinquant et l'humour en moins. Notons cependant que la logistique, impeccable, contrastait vivement avec la cérémonie broche à foin de l'an dernier (qui nous avait inspiré un article peu flatteur).

Dans un événement auto-congratulatoire comme les Prix Boomerangs, la liste des gagnants témoigne des relations incestueuses de mise dans ce petit milieu (comme dans tous les petits milieux, d'ailleurs; un gala des psychiatres ou des fabricants de machinerie agricole serait du même acabit). Heureusement, les Prix Boomerangs ont gratifié hier soir des noms moins connus, pour des réalisations hors de l'ordinaire: Bongolem a reporté le grand prix «Site internet art et culturel» pour la vitrine Web du complexe Ex-Centris; Conceptis Technologies pour le meilleur site sur la santé (Theheart.org); Néomédia, primé pour sa borne interactive Soyez radio actif (iSci), et plusieurs autres qu'il serait trop long d'énumérer (la liste complète des gagnants est disponible sur le site des Prix Boomerangs).

Commentaire entendu à quelques reprises dans la foule hier soir: si un gala peut accorder un peu plus de visibilité à de petites organisations forcées d'occuper des niches de marché sous peine d'être écrasées par les grands groupes de communication intégrés, ce n'est pas une occasion perdue.

Jean-Sébastien Marsan

 Le site des Prix Boomerangs








[Autres cyberactualités]