Dix jours après le lancement d'une campagne de syndicalisation par des d'employés d'Amazon.com, des salariés des sociétés de commerce électronique etown.com et de ShopAudioVideo.com viennent de déposer une requête en accréditation syndicale.
Décidément, l'approche des fêtes de Noël est propice à la syndicalisation des sociétés électroniques américaines…
Si les 36 employés de la firme Collaborative Media ont déjà déposé une requête, alors que les salariés d'Amazon.com en sont encore à mobiliser les troupes, le scénario de départ était le même dans les deux compagnies. Mêmes acteurs: des employés du service clientèle. Même objectif: la création d'une section syndicale. Mêmes revendications: des conditions de travail moins dures.
Certes, le lieu de l'action diffère, mais ces poussées syndicales émergent de deux villes branchées de la Côte Ouest américaine. En effet, Amazon.com est située à Seattle, fief du géant Microsoft; tandis que etown.com et ShopAudioVideo.com ont pris racine à San Francisco, aux portes de la Silicon Valley.
Étrangement, dans les deux cas, ce sont des employés du service clientèle qui donnent le pas de cette marche vers la syndicalisation. Comme leur travail consiste à répondre aux demandes des clients par téléphone et par courriel, peut-être sont-ils les plus concernés par les heures de travail supplémentaires? Ou bien ont-ils plus d'influence que d'autres employés, ne serait-ce que par leur nombre?
Pour recevoir l'aval de l'autorité américaine d'accréditation syndicale, le National Labor Relations Board, les organisateurs syndicaux doivent réunir les signatures de 30% des employés de leur entreprise. Pour le moment, seulement une cinquantaine des 400 salariés du service clientèle d'Amazon.com se sont mobilisés. En revanche, les 36 employés de Collaborative Média qui ont signé des cartes d'adhésion représentent très exactement 30% des 120 salariés de la firme.
Collaborative Media pourrait donc bien être la première cyberentreprise américaine à posséder un syndicat pour ses employés de bureau. Comme l'écrivent Les Chroniques de Cyberie, les cyberdétaillants en alimentation Peapod.com et Albertsons.com, ainsi que le libraire en ligne Borders, comptent déjà du personnel syndiqué. Mais celui-ci travaille uniquement dans leurs entrepôts de stockage. L'impact ne serait peut-être pas aussi fort que s'il s'agissait d'Amazon.com dont la renommée est internationale, mais elle n'en serait pas moins symbolique et susciterait sans doute des émules.
Marie Masi
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