La firme montréalaise Zaq a conclu d'importantes ententes qui laissent croire que les plans de sa division de télévision interactive, jusqu'ici au stade de rutilants projets, aboutissent.
Scientific-Atlanta et sa filiale PowerTV ont accrédité Zaq comme fournisseur d'une plate-forme logicielle tournant sous leur système d'exploitation pour boîtier de télévision numérique. Les boîtiers Scientific-Atlanta/PowerTV sont installés par 17 câblodistributeurs nord-américains (dont Rogers, Vidéotron et Cox) et comptent pour plus de la moitié des dix millions de terminaux de télévision numérique installés au Canada et aux États-Unis.
Pour l'instant, Zaq se concentre sur le développement d'applications ludiques qui seront insérées dans le forfait SofaGAMES offert par PowerTV aux câblodistributeurs.
«PowerTV offrira notre système de jeux aux câblodistributeurs qui pourront ainsi les ajouter aux services de télévision interactive de leurs clients, a expliqué Paul Allard, P.D.G. de Zaq. Nous avons développé une dizaine de jeux qui tournent dans notre système afin d'en démontrer les possibilités mais nous nous concentrons maintenant à trouver des fabricants de jeux qui y adapteront leurs jeux actuels ou qui développeront des jeux inédits. Cette façon de faire permettra à ces fabricants de jeux de profiter pleinement des capacités multi-environnements de notre système.»
Le système de Zaq permettra, à terme, d'avoir des joueurs sur le Net, sur d'autres systèmes de télévision interactive ou même sur consoles qui joueront tous ensemble avec les utilisateurs de PowerTV. La plate-forme de Zaq est déjà fonctionnelle sous les systèmes d'exploitation PowerTV ainsi que WindowsCE.
Des pourparlers sont également en cours avec Liberate, l'autre grand de l'industrie des systèmes d'exploitation pour télévision numérique. Ironie du sort, Rogers Communications, le plus grand câblodistributeur au Canada et important actionnaire de Zaq, a des ententes de déploiement pour les trois systèmes d'exploitation.
Pour assurer ses revenus, Zaq a insisté auprès de PowerTV pour négocier directement ses ententes avec les câblodistributeurs. La société vise ainsi à capitaliser sur deux fronts: la vente d'une trousse de développement d'applications pour sa plate-forme et des redevances d'utilisation provenant des câblodistributeurs.
Une fois son système bien implanté, Zaq veut croiser les banques de données des câblodistributeurs avec les statistiques d'utilisation de ses services afin d'offrir des services de profilage d'usager, de gestion du service à la clientèle et d'extraction de données (data mining). «Les puristes diront que ce n'est pas bien de faire ça mais ce sont des services très prisés par les annonceurs», justifie M. Allard.
La Bourse en sourdine
Depuis qu'il est passé de 6,30$ peu après son entrée en Bourse à 0,95$ aujourd'hui, le titre de Zaq soulève bien des questions auprès des boursicoteurs. «Honnêtement, je n'ai pas regardé le cours du titre depuis plusieurs jours, confie Paul Allard. Nous bâtissons une entreprise pour le long terme et franchement, nous ne voulons pas d'actionnaires qui ne cherchent qu'à faire quelques dollars rapidement grâce à la spéculation.»
«Pour l'instant, nous nous gérons davantage comme une entreprise privée, comme si nous devions être rentables pour survivre, renchérit Yves Simard, chef de la direction financière de Zaq. Nous pouvons ainsi bâtir une fondation solide pour créer de la valeur pour nos actionnaires.»
Dominic Fugère
Notre journaliste Jean-François Codère a été un des premiers à voir les jeux de Zaq. Il en témoigne dans cet article
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