(AFP) Les auteurs-compositeurs britanniques, menés par Elton John, ont lancé aujourd'hui une campagne dénonçant la menace que représentent selon eux les sites Web d'échange gratuit de musique comme Napster pour leur profession.
L'association British Music Rights (BMR, Droits pour la musique britannique), qui rassemble les auteurs-compositeurs du pays, espère mettre en garde le grand public contre des dangers que de tels sites font courir à la vitalité de la création musicale britannique.
«La plupart des gens ne comprennent pas vraiment que les auteurs doivent être payés pour la musique diffusée à la télé et à la radio, faute de quoi il n'y aurait plus de musique», a expliqué le président de l'Académie britannique des auteurs et compositeurs, Guy Fletcher.
Cette campagne, baptisée «Respecter la valeur de la musique», vise à «essayer de vendre l'idée selon laquelle la musique a une valeur» et à défendre les sans-grade de la profession. «Il y a environ 29 000 auteurs dans ce pays et la grande majorité d'entre eux ne gagne pas beaucoup d'argent», a-t-il assuré.
Dans un entretien publié aujourd'hui par The Guardian, Andy Heath, éditeur indépendant de musique, reconnaît que le grand public a du mal à s'apitoyer sur le sort d'artistes multimillionnaires ou de grandes compagnies internationales. «Franchement, il est difficile de ressentir une once de culpabilité pour Madonna. Elton John n'a pas besoin d'être plus riche, et il est difficile de verser une larme sur le sort d'Universal ou de la Warner», explique M. Heath.
«Napster est un outil génial, je l'ai utilisé moi-même, et je n'ai rien contre la musique gratuite pour les utilisateurs, mais il faut qu'il y ait un moyen de redonner quelque chose aux gens qui font cette musique», ajoute-t-il. Le site américain Napster, qui fait figure d'épouvantail aux yeux de l'industrie musicale mondiale, permet d'échanger de la musique enregistrée sur de petits fichiers informatiques et facilement transférables d'un ordinateur à l'autre via Internet.
Ce site, poursuivi en justice aux États-Unis pour violations des droits d'auteur, vient de signer un accord avec le groupe allemand Bertelsmann pour la création d'un site d'échange de musique payant (voir notre article).
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Notre dossier «Napster survivra-t-il?»