Dans toute compétition, ce qui compte vraiment aux yeux des témoins, ce sont les résultats. Pour le dépouillement électoral de lundi, une imposante infrastructure technologique et humaine permettra aux Canadiens de suivre les résultats le plus fidèlement possible. Une infrastructure qui date parfois d'une vingtaine d'années!
Le réseau TVA, un des membres du consortium des télédiffuseurs canadiens (NDLR: TVA est actionnaire de Netgraphe à hauteur de 30%), maille technologie et expertise journalistique afin d'assurer aux téléspectateurs des résultats rapides et surtout fiables.
Deux ordinateurs en complète redondance font tourner un logiciel de base de données développé avec le vénérable système d'exploitation PICK. "Notre logiciel électoral a été développé en 1982 avec une technologie qui n'est presque plus utilisée, nous a expliqué Linda Malenfant, qui coordonne la logistique de la soirée électorale au réseau TVA. Nous gardons notre système, même si nous l'améliorons à chaque élection, parce qu'il est fiable, robuste et rapide. Au moins aussi robuste que ce que nous pourrions développer actuellement. Nous savons que nous pouvons nous fier."
Une vingtaine de personnes du service informatique de TVA sont nécessaire à la mise en place de l'infrastructure. TVA a aussi embauché un chargé de projet en sous-traitance: Sylvain Gratton, de la firme EDS.
Le système a été développé par le service informatique de TVA à la suite de la désastreuse élection de 1981. Une défaillance du système informatique avait alors causé bien des maux de tête à la direction de TVA. "Nous avions dû débrancher le système car des candidats communistes étaient en avance sur des libéraux", a relaté Mme Malenfant.
Les deux ordinateurs utilisent les résultats du consortium des télédiffuseurs canadiens ainsi que les chiffres de la Presse Canadienne comme soupape de sûreté. Ces résultats proviennent directement de l'infrastructure d'Élections Canada, qui gère le dépouillement.
Deux liens informatiques sont établis avec chaque source pour chaque ordinateur de façon à ce que huit liens constamment comparés entre eux alimentent le réseau, question d'éviter les ambiguïtés.
Si toutes les télévisions canadiennes utilisent les mêmes chiffres, les différences dans l'affichage à chacune des chaînes proviennent des nuances dans la façon de traiter cette information brute.
Une fois les chiffres partiels du dépouillement arrivés dans la banque de données de TVA, une équipe de huit "grands électeurs" tente (le plus rapidement possible, question de battre la compétition) de déclarer "élus" les meneurs de chacun des comtés. "Nous n'avons jamais eu à "désélire" un candidat et nous nous en faisons une fierté, s'est vanté Guy Fortin, qui supervisera le travail des grands électeurs lors de la soirée d'élection. Nous pourrions nous fier à une analyse statistique faite par l'ordinateur mais nous avons beaucoup plus confiance en notre équipe de journalistes chevronnés."
Lorsque les résultats sont traités par les ordinateurs et les grands électeurs, ils sont automatiquement transférés au système d'infographie qui permet l'affichage en ondes. "C'est ainsi que nous pouvons avoir un look différent à chaque élection malgré que notre système soit le même qu'il y a 18 ans", explique Linda Malenfant.
Dominic Fugère
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