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La présidence américaine et Internet: plus facile de voter mais aussi plus facile de tricher

Canoë 
31/10/2000 17h20 

(AFP) Élire son président par Internet n'est pas tout à fait pour demain aux États-Unis mais la méthode, qui fait encore craindre la fraude, est expérimentée en Californie.

Kim Alexander, membre d'une cellule organisant un vote sur Internet, nommée par les autorités californiennes, est allée aux urnes à Sacramento (Californie) sept jours avant l'élection présidentielle pour enregistrer son vote le 30 octobre.

Pour la première fois de sa vie, elle a voté à partir d'un ordinateur dans le cadre d'une élection blanche par Internet menée à titre expérimental par la Californie. Plusieurs centaines d'électeurs ont ainsi voté virtuellement mais ils devront se représenter au bureau de vote traditionnel le 7 novembre pour faire enregistrer dûment leur vote.

L'Arizona a été le premier État jusqu'ici à organiser un vote réel par Internet. C'était en mars dernier pour les primaires démocrates, où l'on choisit le candidat démocrate à l'élection présidentielle. Mais ce scrutin s'est fait à partir d'ordinateurs en place dans les bureaux de vote, ce qui permettait au moins un contrôle du matériel.

La crainte de fraudes est en effet le principal frein à l'organisation réelle d'un scrutin par Internet où les électeurs voteraient sans se déplacer.

«Il faut faire très attention aux différentes sortes de fraudes, particulièremnt celles orchestrées de l'intérieur. Il faut aussi se garder des attaques cybernétiques et de l'achat massif de voix», estime David Jefferson, un chercheur travaillant pour le groupe informatique Compaq computer, selon qui la conduite d'élections par Internet peut devenir une question de sécurité nationale.

«Le scénario de cauchemar serait celui d'une équipe de pirates informatiques en Irak tentant de bouleverser le cours d'une élection présidentielle aux États-Unis», ajoute-t-il.

D'un autre côté, ceux qui défendent le vote par Internet estiment que ce mode de scrutin motivera davantage la population, particulièrement les jeunes.

Selon des chiffres du Bureau du Recensement datant de 1998, moins de 40% des 18 à 24 ans sont inscrits pour aller voter.

Mais les plus jeunes ne sont pas les seuls électeurs à se montrer intéressés par un vote en ligne: «le phénomène des déplacements professionnels excessifs rend plus difficile d'aller voter le jour J», estime Joshua King, du site d'expression politique Speakout.com.

«J'espère que la technologie peut être mise au service de la sécurité en ligne pour offrir plusieurs solutions au vote populaire», ajoute-t-il.

Selon Ed Gerck, qui dirige la compagnie Safevote.com, spécialisée dans les logiciels pour voter, «ce qui compte le plus c'est comment réduire les risques de fraude, économiser sur les coûts et le temps».

Il est persuadé qu'au lieu d'encourager la fraude, Internet pourra l'empêcher. «Je pense qu'il sera plus difficile pour les gens d'utiliser une fausse identité».

Il souligne aussi que le coût moyen d'un vote est évalué aujourd'hui à entre 3$ et 7$. Avec ses logiciels, affirme-t-il, le coût baisse à 0,02$.

Toutefois, vote en ligne ou pas, les utilisateurs d'Internet sont déterminés à 88% à aller voter de toute façon cette année, dans un pays où l'abstention est très forte, note une enquête conduite par le cabinet Media Metrix.

Copyright © 2000 AFP








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