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Le courtage après-clôture démythifié

Canoë 
26/10/2000 17h19 

Suite à des annonces à la fermeture des parquets, le titre de Nortel s'est fait crucifier sur les marchés après-clôture. Cependant, nombre d'investisseurs ne sont pas familiers avec les principes du courtage après-Bourse.

Voir le reportage en RealVideoLes Electronic Communications Networks (ECN) sont des systèmes informatiques sur lesquels sont placés des ordres d'achat et de ventes d'actions à prix fixes. Ces ordres sont rendus publics de façon anonyme sur ce qu'on pourrait appeler un babillard électronique. Les autres investisseurs sont ensuite libres d'accepter un des ordres qu'ils voient sur un ECN.

Contrairement aux Bourses traditionnelles, les ordres ne sont pas jumelés à l'intérieur d'une fourchette de prix entre l'offre et la demande (spread). Sur les ECN, les investisseurs eux-mêmes (via un courtier membre) décident de prendre ou de vendre une position à un prix fixé. Les ordres «au marché» sont inexistants.

Instinet, fondé en 1969 et filiale de Reuters depuis 1987, a été le premier service de jumelage d'ordres. Cependant, comme le coût de la technologie informatique servait de barrière à l'entrée, seuls les investisseurs institutionnels (fonds de pension, fonds communs de placement, etc.) pouvaient échanger des blocs d'actions. D'ailleurs, jusqu'à récemment, la taille minimale des blocs d'actions échangés sur Instinet était fixée à 100&nbs;000.

En 1997, deux jeunes employés de la firme de courtage à escompte Datek ont eu l'idée de mettre sur pied un système semblable permettant de jumeler des ordres de toutes les tailles. L'ECN Island était né. Le système compte maintenant pour 12% des transactions de la Bourse électronique Nasdaq et offre, depuis le milieu de 1999, la possibilité de transiger avant et après des heures d'ouverture des parquets traditionnels.

Avec l'information maintenant disponible à tous grâce au Web, les investisseurs voient en temps réel quels sont les ordres disponibles. Il peuvent ensuite, grâce au courtage en ligne, exécuter instantanément les ordres qu'ils jugent intéressants. Encore une fois, les nouvelles technologies d'information et de communication font sauter les intermédiaires.

De plus, puisque les ECN qui soumettent ensuite les ordres déjà jumelés à la Bourse, le système fonctionne hors des parquets traditionnels. Les heures d'ouverture et de fermeture des marchés sont ainsi sans conséquences. Les investisseurs peuvent donc afficher et répondre à des ordres sur Island n'importe quand entre 7h et 20h.

Si le système semble plus flexible que les Bourses traditionnelles, il a également des inconvénients. La rapidité et la transparence avec laquelle les transactions se déroulent servent très bien à limiter les coûts.

En revanche, elles ajoutent beaucoup de volatilité au marché. Il est facile pour un investisseur d'accepter un ordre bien au-delà ou en-deça du cours du marché qu'établirait une Bourse traditionnelle (à travers les spécialistes de marchés qui fixent les cours d'offre et de demande). La perception est ainsi faussée et les investisseurs peuvent rapidement s'emballer d'un côté comme de l'autre.

De plus, tous les investisseurs n'ont pas accès à des courtiers offrant le service. Par exemple, aucun courtier canadien n'est membre d'Island. Les investisseurs n'ayant pas de compte avec des courtiers américains sont donc désavantagés.

Ces transactions plus directes amenant des réactions plus violentes sont tout de même positives. Selon Jeffrey Citron, fondateur d'Island, le modèle reprend la balance du pouvoir des mains des courtiers pour la redonner aux investisseurs. Le coût moins élevé permet aux investisseurs de réagir plus vite et de faire connaître plus rapidement leur réaction aux résultats et aux annonces des sociétés.

Dominic Fugère

D'autres détails dans Wired








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