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Nortel mis à mal par les investisseurs

Canoë 
25/10/2000 17h19 

La santé mentale des marchés financiers ne s'améliore pas. Après Yahoo! qui a subi un mauvais sort il y a quelques semaines, voici que Nortel se fait crucifier sur les marchés pour avoir osé présenter une croissance de ses revenus moindre que prévue.

Voir le reportage en Real VideoSi l'an dernier, les investisseurs jetaient leur dévolu sur n'importe quel entreprise techno, plan d'affaire cohérent ou pas, une prudence toute aussi démesurée s'empare maintenant des marchés. L'équipementier Nortel, reconnu pour ses impressionnants revenus et bénéfices, a vu sa valeur dilapidée de près de 26% hier sur les marchés après-Bourse électronique tels qu'Island et Instinet.

Le crime qu'a commis Nortel? Ses revenus ont «seulement» augmenté de 42% au troisième trimestre 2000. Les ventes du manufacturier d'équipement d'infrastructure de réseaux ont atteint 7,3 milliards$ contre 7,6 milliards$ pour le trimestre.

Le P.D.G. de l'entreprise John Roth a mis le blâme sur un inventaire plus important que prévu chez les clients de Nortel, en majorité des fournisseurs de services de télécommunications. «Nous avons été surpris par cet inventaire, a expliqué M. Roth. Notre personnel a reçu ordre de noter ces inventaires plus précisément à l'avenir.»

Le personnel (ou plutôt la pénurie de personnel) serait justement un autre facteur ayant empêché Nortel d'augmenter plus rapidement ses revenus. Nortel dit avoir de la difficulté à vendre autant d'équipements qu'elle le voudrait car la main-d'oeuvre nécessaire à l'implantation lui manquerait.

De plus, les récents déboires de Lucent, qui a mis son P.D.G. à la porte lundi dernier suite à une baisse de 22% de ses profits au troisième trimestre, laissent présager un passage un peu plus difficile pour les entreprises du secteur des équipements de télécommunications.

Les sociétés oeuvrant dans la quincaillerie ont souvent été perçues comme des valeurs sûres. Les investisseurs y voyaient la possibilité d'enregistrer des gains même si aucune des prédictions de croissance faramineuses des entreprises point-com ne se réalisait. Les équipementiers étaient souvent comparés aux fournisseurs de pics et de pelles des ruées vers l'or.

Cependant, la baisse du nombre de «mineurs» voulant prendre un «claim» dans la nouvelle économie diminue, réduisant d'autant la demande pour les pics et les pelles virtuels… D'autant plus que cette (fausse?) impression de sécurité se traduit souvent par une hausse démesurée de la valeur boursière, question d'escompter la perception de risque réduit.

Dominic Fugère








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