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British Telecom, un emblème de la privatisation au blason terni

Canoë 
25/10/2000 17h19 

(AFP) British Telecom (BT), emblème de la privatisation des années Thatcher en Grande-Bretagne, multiplie les déconvenues: concurrencé sur ses terres, il est accusé d'avoir raté l'explosion de la téléphonie mobile et d'Internet, et de s'être trop dispersé à l'international.

Dernier accroc en date, le retrait lundi dernier des enchères de licences de téléphonie mobile de troisième génération UMTS en Italie du groupe Blu, dans lequel BT détient 20%.

«Sur le plan stratégique, c'est une mauvaise nouvelle car cela réduit ses ambitions de développement pan-européen» dans les mobiles, estime Mike Williams, analyste à la Deutsche Bank à Londres.

Concurrencé par de nouveaux opérateurs sur son marché traditionnel (le téléphone fixe en Grande-Bretagne), BT s'est en effet lancé dans une série d'acquisitions, en Europe notamment.

Mais il n'est parvenu qu'à obtenir des participations minoritaires dans la plupart des cas (à l'exception notable de sa prise de contrôle dans l'Allemand Viag Interkom), par un excès de prudence qui lui est aujourd'hui reproché.

BT «n'a pas fait aussi bien que France Telecom ou l'espagnol Telefonica», juge John Tysoe, analyste à la WestLB Panmure.

Selon lui, le groupe britannique «s'est trop longtemps reposé sur ses lauriers» et n'a pas réagi assez rapidement à l'émergence des nouvelles technologies. «Les choses ont bougé plus vite qu'il ne le pensait».

Dans la téléphonie mobile, où BT est présent via BT Cellnet (8,7 millions d'abonnés en Grande-Bretagne), il est loin derrière Vodafone (10,2 millions) et risque de se faire dépasser en 2001 par Orange, récemment racheté par France Telecom.

L'opérateur britannique manque de trésorerie pour redresser la barre et consolider ses participations minoritaires. Son endettement a explosé en 18 mois et devrait atteindre les 28 milliards de livres (61,25 milliards$ CA) fin 2000.

Comme ses homologues européens, BT n'avait pas prévu le montant faramineux à débourser pour obtenir des licences UMTS: au total environ 12 milliards d'euros (environ 16 milliards$ CA) pour les deux principales, en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Additionnés au coût du rachat de 45% supplémentaires dans Viag (9,9 milliards$ CA), ces montants ont affolé les agences de notation financières, qui ont abaissé les notes de BT. Les investisseurs ont durement sanctionné le titre: il a perdu près de 50% de sa valeur depuis Noël 1999.

Obligé de revoir de fond en comble sa stratégie, le groupe a promis une annonce d'ici décembre.

Pour s'en sortir, les experts du secteur recommandent plusieurs scénarios.

D'abord, renforcer les partenariats existants, tel que celui avec l'américain AT&T, qui pourrait déboucher sur une fusion de leurs activités de services aux entreprises, voire fusionner totalement avec un opérateur européen.

Les experts privilégient surtout la séparation des activités téléphonie fixe du reste (le mobile, Internet pour les entreprises, Internet pour le grand public) et l'introduction en Bourse d'une partie de ses activités ou encore leur vente. Les participations minoritaires de BT dans Cegetel (26%) et dans l'espagnol Airtel (17,8%) pourraient faire partie des premiers lots à céder.

Malheureusement, le moment est mal venu, les marchés étant extrêmement volatils. «Nous sommes damnés si nous faisons quelque chose, nous sommes damnés si nous ne faisons rien», avait déclaré Pat Gallagher, directeur de la stratégie de BT.

Copyright © 2000 AFP

 L'AFP rapporte aujourd'hui que AT&T est aussi en restructuration








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