Gare à votre site personnel...

Les artistes de la musique et du cinéma ne sont pas les seuls à voir leurs oeuvres pillées sur Internet. Le concepteur d'un site personnel sur le billard, le Québécois Éric Perreault, a eu la mauvaise surprise de voir son site repris intégralement sur le serveur d'une université brésilienne.

C'est en effectuant, comme il le fait régulièrement, une vérification des sites ayant dirigé des visiteurs sur le sien qu'Éric Perreault a découvert le pot aux roses. Une université brésilienne hébergeait sur ses serveurs une copie pure et simple des versions françaises et anglaises de son site. Le voleur, un dénommé Hugo Marcondes, probablement étudiant, avait simplement retiré les sections «Liens» de son site, dans lesquelles on trouvait de l'information sur l'auteur du site, et ne s'était même pas donné la peine de retirer les passages du code source du site où Éric Perreault s'identifiait.

Le voleur est passé à un lien près de ne jamais être démasqué ou, du moins, d'éviter le radar du créateur original pendant encore un bon moment. Comme presque tous les liens du site Edmond aide mon billard et de sa version anglaise Be good at billiards sont relatifs1, le voleur a pu très facilement copier le site. Heureusement pour Éric Perreault, un lien sur sa page d'accueil était absolu2. Comme il prend un soin méticuleux de son site et vérifie régulièrement la provenance des visiteurs de son site, il s'est aperçu qu'au moins un visiteur provenait du site copié, probablement en raison du lien absolu.

L'université brésilienne en question s'est heureusement avérée très collaboratrice dans l'histoire. Après qu'Éric Perreault l'ait contactée par courriel, elle a rapidement retiré le site en question. Elle a par contre refusé de supprimer le compte de l'étudiant, comme le lui demandait Éric Perreault.

Malheureusement, l'histoire ne s'arrête pas là. Après avoir été découvert, le voleur de site a contacté sa victime par un courriel dont voici un extrait:

Anyway , I still have your files ... and anyway I will get your content, convert to my local languange and create a new site, with new design, with the information of your site contains ... well friend this is the rules of the Internet ... Once in the internet the information become public.

Traduction: «De toutes façons, j'ai toujours vos fichiers... et de toutes façons, je vais prendre votre contenu, le convertir dans ma langue maternelle (le portugais) et créer un nouveau site avec un nouveau design et l'information que votre site contient... Ce sont les règles d'Internet l'ami... Une fois sur Internet, l'information devient publique.»

Le voleur termine en faisant allusion au logiciel libre et en offrant à sa victime de réaliser une traduction portugaise de son site et de lui offrir, afin qu'il en fasse ce qu'il en veut. Une offre qu'Éric Perreault a bien l'intention d'accepter, en prenant par contre bien soin d'indiquer la source de la traduction et en pointant vers le site de l'auteur.

Même s'il s'est informé sur divers groupes de discussions juridiques afin de connaître les différents recours en sa possession, Éric Perreault, qui occupe le poste d'intégrateur sénior et chef-référenceur chez nurun, n'a pas l'intention d'entamer des poursuites judiciaires, fort probablement très dispendieuses. Il a toutefois bien l'intention de rester alerte et d'empêcher son voleur brésilien de mener à bien ses projets.

Jean-François Codère

Le message laissé sur notre forum par Éric Perreault

1Lien relatif: formule utilisée pour pointer vers des documents situés sur le même serveur que la page contenant le lien. Dans ce cas, l'adresse du serveur n'est pas définie. Ex.: «/pages/document.html»
2Lien absolu: formule généralement utilisée lorsque le lien pointe vers un document hébergé sur un serveur différent de celui sur lequel est placée la page contenant le lien. Dans ce cas, l'adresse du serveur est définie. Ex.: «http://www.serveur.com/pages/document.html»


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