(AFP) Une bonne centaine de commerçants sur liste d'attente pour ouvrir leur «vitrine électronique», 40 qui font déjà du commerce en ligne: le site Web achat Grenoble, une première nationale qui réunit depuis le 30 juin les 3 332 boutiques de Grenoble, s'est révélé un succès.
Créé par la chambre de commerce et de l'industrie (CCI) de la ville, le site rend accessibles aussi bien le tabac-presse que le boucher ou le sex-shop.
Si 40 magasins seulement ont franchi le pas du commerce électronique, 138 présentent déjà dans une «vitrine électronique» leurs caractéristiques et leurs produits.
Le Marine a été le premier tabac-presse à intégrer l'annuaire et le site vitrine achat Grenoble. Le but est de «présenter l'originalité du magasin en se servant des nouveaux moyens de communication» explique la gérante, Catherine Favre. Elle présente des magazines spécialisés et donne la liste des journaux étrangers qu'elle vend. «Un jour, une personne est entrée dans le magasin et m'a directement demandé les quatre titres figurant dans la vitrine du site sans même regarder les rayons. Le site fait rentrer les gens chez nous et les achats sont ciblés, mais c'est au niveau de la presse étrangère qu'il y a le plus gros impact»".
Ce site Web ne regroupe que les magasins de la ville mais paradoxalement «le plus grand nombre de consultants sont des gens extérieurs à Grenoble», précise Catherine Favre. Le coût de ce service est de 780 francs (158$ CA) par an mais la gérante du Marine rajoute 170 francs (34$ CA) afin de pouvoir changer tous les mois sa vitrine.
Pour le boucher propriétaire de la Rôtisserie du cours, Jacques Delas, qui présente également son jambon à l'os et ses autres spécialités sur le site vitrine, «il ne s'agit que d'un simple support publicitaire».
Il a profité de l'opportunité pour mettre sa boutique sur le Web mais reste sceptique sur les retombées: «Moi, je crois au bouche à oreille et aux tracts qui ont déjà fait leurs preuves. Je ne crois que ce que je vois et pour l'instant, aucun client ne m'a dit qu'il m'avait vu sur Internet. De toutes façons, il est trop tôt pour mesurer l'impact.»
Le but de www.achat-grenoble.com est aussi de sensibiliser les très petites entreprises aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, dans une ville où environ 60% des commerçants n'ont pas d'ordinateur.
Un programme de tutorat est proposé aux commerçants dans le cadre du Fisac (Fonds d'intervention pour la sauvegarde de l'artisanat et du commerce), financé conjointement par l'Europe, l'État, la région Rhône-Alpes, la ville et la CCI (chambre de commerce et d'industrie) de Grenoble. La durée de la formation varie selon les connaissances de chaque commerçant. Le responsable du projet, Philippe Bertrand explique: «Beaucoup de commerçants connaissent très peu Internet. Certains ne savent pas à quoi sert une souris».
Avec la collaboration de Dauphiné Network Services(DNS), filiale multimédia du Dauphiné Libéré, la CCI de Grenoble s'occupe de l'ensemble de la mise en place des services pour les commerçants. Elle réalise les diagnostics individuels, vérifie la clarté des textes de présentation et choisit les photos.
Un animateur permanent est chargé «d'ouvrir la boîte aux lettres électronique de chaque commerçant, de lui en communiquer les messages et coordonnées, d'assurer le suivi de cette boîte aux lettres pour les commerçants n'ayant pas d'accès Internet depuis leur entreprise (par téléphone, fax)».
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