Le ministre québécois de l'Éducation François Legault présentait ce matin la deuxième phase des projets visant à améliorer le nombre de diplômés en technologies de l'information (TI): 6,3 millions$ seront saupoudrés parmi 43 projets.
Ces projets font partie du volet 4 des mesures inscrites au budget provincial de 1999 qui visaient à doubler le nombre de diplômés en TI d'ici 2005. Vingt-trois projets provenant d'établissements collégiaux ont été acceptés. Du côté universitaire, 20 nouveaux projets recevront des fonds publics.
Mentionnons que des partenaires du secteur privé ont doublé la mise du gouvernement, augmentant ainsi la cagnotte à 12,5 millions$ pour les 43 projets.
Les projets gravitent surtout autour de deux axes. D'une part, l'amélioration des infrastructures comme les laboratoires ou les équipements dernier cri vise à attirer les nouveaux étudiants. D'autre part, des initiatives visant à appuyer les étudiants dans leur démarche académique (programmes de suivi, stages en entreprises) cherchent à améliorer la persévérance des étudiants des programmes d'étude visés. En effet, la moitié des étudiants en TI n'obtiennent jamais leur diplôme.
«Il faut donner le goût aux étudiants de compléter leur cheminement», a dit le ministre François Legault lors du dévoilement des projets devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Le ministre a cité l'embauche avant graduation comme une importante cause d'abandon. Il a d'ailleurs exhorté les entrepreneurs présents de cesser d'engager des étudiants non diplômés. «En situation de pénurie de main-d'oeuvre, il est très tentant d'aller chercher des ressources directement dans les collèges et les universités, a dit M. Legault. Cependant, en tant que société, c'est se tirer dans le pied. À moyen terme, ça peut être très dommageable.»
Cette simple invitation risque peu de convaincre les entreprises à laisser mûrir les jeunes pousses d'employés sur les vignes du système scolaire. Les mesures annoncées ce matin ne sont en rien ancrées avec les mesures existantes pour créer de l'emploi dans les secteurs de pointe. Pour avoir droit à un maximum de subvention, les employeurs ont intérêt à embaucher le plus rapidement possible, diplôme ou pas.
A-t-on songé à rattacher les subventions de la Cité du multimédia ou de la Cité du commerce électronique à l'embauche de jeunes diplômés? «Nous n'avons pas examiné de mesures de coercition pour l'instant, a dit M. Legault. Nous nous contentons d'inciter les entrepreneurs, ce qui devrait être suffisant pour les convaincre.»
N'est-ce pas là accorder une confiance un peu exagérée à la communauté des affaires, qui, avouons-le, n'est pas reconnue pour faire passer les intérêts de la société avant les siens? «Si le besoin se fait sentir, nous sommes disposés à examiner des mesures pour encourager les entreprises», a finalement répondu le ministre.
Dominic Fugère
Consultez la liste des projets accrédités et le communiqué