L'avocat du chanteur Dr. Dre et du groupe rock Metallica a été rabroué par plusieurs des grandes universités américaines auxquelles il avait demandé de bloquer à leurs étudiants à l'accès à Napster. «Pas question!», ont-elles répondu en choeur.
L'avocat en question, Howard King, a demandé, dans le cadre de ses procédures judiciaires à l'endroit de Napster, à plus d'une douzaine d'universités d'empêcher leurs étudiants d'utiliser le site Napster. Parmi les universités ainsi concernées figure le Massachusetts Institute of Technology (MIT), preuve encore une fois du peu de connaissances du monde technologique par l'avocat.
Reconnu comme un des plus importants centre de recherche en technologies aux États-Unis, le MIT a notamment été le berceau du projet GNU, qui a débouché sur le système d'exploitation Linux et a été la bougie d'allumage du mouvement du logiciel libre. Il est par conséquent presque inimaginable que cette institution limite la liberté de fureter de ses chercheurs. Howard Kink a donc été poliment rabroué au nom de la liberté académique.
La réponse de l'Université Stanford est probablement la plus intéressante. «Stanford n'est pas au courant d'une quelconque exigence qui la forcerait à envahir et à surveiller un usage spécifique par ses étudiants, employés ou facultés de ce type de services en ligne ou d'accès au réseau, et vous n'avez démontré aucune autorisation à exiger un tel geste», a répondu William Abrams, un avocat représentant l'Université.
Le Georgia Institute of Technology, la Princeton University et l'University of North Carolina, entre autres, ont également repoussé la demande de Howard King, toujours au nom de la liberté académique.
Déjà trois universités (Yale, Southern California et Indiana) avaient abdiqué devant l'avocat lorsqu'elles avaient été citées comme codéfendants dans la poursuite déposée en avril contre Napster. Faudra-t-il que Howard King dépose des poursuites pour convaincre les universités récalcitrantes?
Toujours à propos de Napster, le département américain de la Justice a dû faire marche arrière dans un site lancé récemment où il enseigne aux jeunes les bons usages du Net parce qu'il pointait Napster du doigt un peu trop directement.
Jean-François Codère
L'article de CNN.com