Les actionnaires de CDNow se sentent floués par le P.D.G. Jason Olim. Ils intentent donc un recours collectif sur la base que l'équipe de gestion leur a fourni de l'information incomplète. Le message que l'on veut passer à Olim : l'optimisme est certes une vertu mais ce n'est quand même pas un prétexte pour mentir…
Le 13 mars dernier, CDNow, Time Warner et Sony Music annonçaient la mise au rancart des plans de fusion entre CDNow et Columbia House, le club de vente de musique par correspondance de Time Warner et Sony. L'équipe de gestion de CDNow déclarait alors que l'entreprise se porterait mieux sans la fusion. Pire: le P.D.G. de CDNow avait alors clamé qu'il préférait mettre fin à l'entente parce que la santé de Columbia House était douteuse
Olim avait cependant omis de transmettre un petit détail à ses actionnaires lors de ses fanfaronnades de relations publiques: depuis déjà deux mois, les vérificateurs externes de CDNow, Arthur Andersen et Associés, faisaient part de leurs "doutes substantiels" quant à la capacité de CDNow de survivre sans l'aide d'un partenaire et ce malgré qu'il soit le leader de la musique en ligne.
Selon les avocats de Abbey, Gardy et Squintieri, qui pilotent le recours collectif, ces avertissements signifiaient purement et simplement que CDNow était au bord de sa faillite. Les actionnaires en furie disent que ces informations étaient drôlement plus importantes que l'opinion de Olim sur la santé de Columbia House et que CDNow aurait dû faire part de ses propres déboires financiers dans ses déclarations à la Securities and Exchange Commission (SEC).
Dans les faits, CDNow a suivi les conseils d'Arthur Andersen en devenant la propriété du géant médiatique teuton Bertelsmann. En revanche, comme la vente à Bertelsmann a été conclue sur la base d'un maigre 3$ par action (à peine six cents de plus que le seuil historique du titre de CDNow), les actionnaires jugent qu'ils auraient dû être mis au courant du désespoir qui s'emparait de l'équipe de gestion de CDNow.
Ils estiment qu'ils auraient aloré été en mesure de se rendre compte qu'une vente imminente et à n'importe quel prix s'en venait…
Dominic Fugère