Bien que Napster reste ouvert, il aura fallu moins de 24 heures aux prétendants à son titre pour se faire connaître du grand public. Les internautes étaient tellement pressés de trouver une alternative à Napster que plusieurs sites ont croulé sous la pression.
En effet, les sites distribuant Gnutella et Napigator n'ont pu faire face à la demande. Comme les internautes cherchant de la musique gratuite ont appris que Napster serait débranché, une course aux sites similaires s'est mise en marche.
Ce matin, il était impossible d'accéder au site distribuant Napigator, un utilitaire qui permet au logiciel-client de Napster de dénicher des serveurs-répertoires de MP3 autres que ceux tenus par Napster même.
Déjà hier après-midi, le site principal de téléchargement de l'application Gnutella a dû fermer car le nombre de demandes de téléchargement excédait la bande passante de son hébergeur WeGo.com.
Pression légale
CuteMX, un logiciel d'échange de fichiers qui, comme Napster, fonctionne grâce à un serveur central, a pour sa part cédé sous une autre forme de pression: la pression légale.
En effet, Sandra Poole-Christal, la présidente de GlobalScape.com (l'éditeur de CuteMX) a dit qu'elle n'allait pas risquer l'argent de sa société, qui est publique, pour se battre contre les grosses compagnies de disques.
Une chose est certaine, cet engouement pour les clones de Napster démontre bien que les internautes sont maintenant habitués aux MP3, facilement accessibles. Un jugement ou la fermeture d'un service n'y changera rien, comme nous l'expliquions hier dans notre éditorial.
Le P.D.G. de Napster Hank Barry avait raison: une coupure de service, aussi courte soit-elle, aurait été fatale pour son entreprise. Les internautes se seraient simplement gavés à une autre écuelle.
Dominic Fugère
Consultez notre dossier sur l'affaire Napster